Atelier Capteur Visio

Atelier Capteurs environnementaux en distanciel

Ce mardi soir de décembre, à l’invitation de Sophie (@lacroix_lab) , nous avons animé un nouvel atelier de montage de capteurs environnementaux.

La particularité: cet atelier est en distanciel.

Les participants collaborateurs du groupe Lacroix Sofrel sont situés en France (Rennes, Nice, Nantes) et en Belgique. Ils ont reçu par courrier les kits de composants.

En fait, ils sont tous au même endroit car ils sont devant leur écran. Il faut bien s’adapter aux conditions sanitaires et la séance se déroule en visio.

Nous avions discuté de ce dilemme avec les membres du LabFab: faut-il stopper nos ateliers ? ou trouver d’autres formules en distanciel ?

Adepte de la résilience, il faut adapter nos pratiques.

Et les pratiques des fablabs reposent beaucoup sur les moments partagés entre personnes et les échanges induits. L’intensité produit un apprentissage collectif. La créativité se déclenche dans une ambiance favorable. Les idées se matérialisent. La diversité des participants fertilise les concepts, et l’accès aux machines leur donne vie et les transforme en prototypes.

Dans les fablabs, les écrans sont souvent mis de côtés et les Makers utilisent leurs dextérités ou agilité manuelle pour produire des objets tangibles. Il faut toucher la matière pour la transformer.

Paradoxe: Comment maintenir de telles activités et motivations avec une transposition via un écran et une application de visioconférence ?

S’essayer sur un atelier de montage de capteurs environnementaux apporte l’avantage de s’appuyer sur un sujet sur lequel nous sommes aguerris par une expérience façonnée pendant plus de 2 ans (…et combien d’ateliers ?).

La visio impose le rituel de lancement de la séance. “Bonjour, qui vient de se connecter ? On ne t’entend plus ? Rallume ton micro stp ? Tout le monde voit mon écran ? Désolé, je suis à la bourre, je sors d’une autre visio. …

Le tour d’écrans permet de se synchroniser, puis de lancer le top départ pour ouvrir son enveloppe avec le kit de composants. Un participant demande toujours à ce moment-là et avec pertinence: “Que va mesurer le capteur ? ” La parole est alors offerte à l’animateur qui peut préciser l’objet de l’atelier et les paramètres mesurés par le capteur.

Ensuite, comme en présentiel, on montre tous les composants un par un. L’attention est à son comble et l’animateur doit utiliser au mieux sa caméra pour que les composants soient matérialisés par tous les participants. Ce rituel apporte à chacun l’autonomie nécessaire face à son écran seul(e) avec ses composants.

Car l’assemblage nécessite une certaine autonomie pour suivre individuellement  le schéma et connecter les composants. L’animateur avec toute son expérience de cet atelier et du capteur focalise l’attention sur quelques subtilités qui se seraient révélées en présentiel par les échanges entre participants. En visio, il semblerait que l’apprentissage se fasse plus par déduction et moins par induction.

L’étape déterminante est l’allumage du capteur. Pas de possibilité de faire vérifier précisément le montage de chaque participant. Le risque est-il maîtrisé ? Il est compensé par une attention accrue des participants conscients que cette étape leur appartient.

L’autre différence conséquente qui apparaît entre un atelier présentiel et un atelier à distance se situe lors de la connexion du capteur. En présentiel, les capteurs sont allumés un par un pour permettre de les identifier. À distance, chacun se trouve seul avec son capteur et son réseau WiFi avec pour but de connecter les deux.

Au final, pour un montage de 10 capteurs, l’allumage prend autant de temps. Lorsque les premiers capteurs commencent à produire de jolis graphes de données au bout d’une vingtaine de minutes, les plus récalcitrants acceptent enfin d’accrocher le réseau WiFi local.

On aborde la problématique du boitier qui doit résister a minima aux intempéries car il s’agit bien d’un capteur, donc d’un objet connecté (IoT) à positionner en extérieur. Tout l’intérêt réside dans la remontée des données générées pour les partager afin de coproduire une cartographie de qualité d’air.

#IoT      =>          #data    =>          #communs

Les collaborateurs Lacroix Sofrel se projettent et proposent des solutions pour héberger des capteurs dans l’espace urbain. Ils ont déjà des boitiers qui répondent à des normes environnementales. Lorsque ce sera possible, un passage dans un LabFab permettra d’adapter ces boitiers. Et on imagine des usages et des connexions avec d’autres sources de données. Ce sera pour un prochain atelier J

Le geste est maitrisé et les participants quittent la visio avec la ferme intention de concrétiser l’installation de leur capteur. Ils recevront bientôt leur badge de compétence. Merci à eux d’avoir participé à cette séance et contribué à se questionner sur les transpositions en visio des ateliers de fabrication numérique.