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FabCity LabFab

Bilan 2019 du LabFab

L’année 2019, pour le LabFab a été particulièrement riche en actions de tous genres: événéments, ateliers, openLab, partenariats, marathons créatifs, …etc.

Le Service Numérique de Rennes Métropole qui accompagne la coordination collégiale de la marque LabFab propose de revenir sur les actions réalisées en 2019 par les membres de ce réseau de fablabs. Ces différentes structures partagent la “marque ouverte” LabFab car elles ont adhéré à un charte commune.

1. Rappel du projet pour le territoire

Le LabFab est le projet collaboratif de Laboratoires de Fabrication numérique sur Rennes Métropole. Il a été fondé vers 2010 par un collectif pluridisciplinaire de structures afin d’explorer les potentiels sociaux, créatifs et économiques des méthodes et techniques de la fabrication numérique. Un premier espace sous la marque ouverte LabFab a été ouvert à l’EESAB début 2012. En 2013, le LabFab a décidé de se déployer au niveau territorial sous la forme d’un réseau de lieux articulés autour de cette marque. Cette marque est ouverte (creative commons) et elle permet donc d’accueillir une communauté partageant des valeurs et objectifs communs. Le LabFab s’est progressivement professionnalisé : un “Fab Manager” dans l’association Bug, un autre à l’EESAB…etc. Chaque entité porteuse de cette marque LabFab met de l’espace, du temps et des moyens financiers à disposition du projet territorial pour contribuer à sa réussite. Ces ateliers sont reconnus, chartés et fédérés au niveau mondial par le MIT (Massachusetts Institute of Technology) sous le nom de FabLabs. Les années 2012-2016 ont permis de préfigurer le projet sur le territoire et d’identifier les 4 axes de développement et l’accompagnement apporté par Rennes Métropole.

Feuille de route du LabFab définie en 2013 et revisitée par itération chaque année

Le LabFab dans ses différents lieux a pu rassembler une communauté de prototypeurs (plus de 300 personnes actives sur le territoire métropolitain), et est devenu un ambassadeur mondial de la créativité locale (plus de 200 projets publiés sur le portfolio du LabFab, près d’une centaine d’événements dont plus de 30 à l’international depuis 2013). Entre 2012 et 2016, Rennes Métropole a accompagné financièrement le développement des LabFabs de l’EESAB et celui de la Maison des Associations porté par Bug. En 2013, le LabFab a été lauréat de l’appel à projets national sur les fablabs. Parmi 154 candidatures, le gouvernement avait retenu 14 dossiers. https://www.economie.gouv.fr/appel-a-projets-fablab-14-dossiers-retenus#

En 2014, une dizaine d’EPN sur la ville de Rennes ont été équipés et des animateurs formés grâce à une aide financière de la ville au titre de la politique des quartiers. Depuis 2015, des Universités (Rennes 1, Rennes 2 et l’Université Bretagne Loire) ont ouvert leur LabFab et se sont intégrés dans la dynamique collective du réseau. La charte, co-signée entre Rennes Métropole détentrice de la marque LabFab, et les structures hébergeant les ateliers, permet de garantir un niveau homogène de services entre tous les lieux, et surtout, d’assurer, à minima, 4 heures hebdomadaires d’ouverture à tous, appelées “OpenLabs”. Rendre le numérique plus accessible à tous est une mission nécessairement partagée par les membres du LabFab quel que soit leur nature (Enseignement, Association, et les acteurs économiques partenaires, …). En 2014, les 1ers MooC sur la Fabrication Numérique sont conçus par des membres cofondateurs du LabFab. Après le succès des 2 premières sessions du MOOC “La Fabrication numérique” jouées en 2014 et en 2015 sur la plateforme FUN (plus de 15 000 inscrits aux premières sessions), l’Institut Mines-Télécom propose désormais une formation complète aux technologies des FabLabs, et à fin 2019, plus de 180 000 apprenants s’y sont inscrits. À fin 2019, quinze lieux s’intègrent à ce projet territorial désigné « LabFab étendu » et d’autres encore sont en cours de montage (avec notamment, Comme un établi à Rennes, …). L’année 2019 a vu la concrétisation de la labélisation FabCity pour notre territoire au sein d’une communauté de Métropoles déjà fortement investies dans la montée en puissance de l’économie circulaire, collaborative, l’urbanisme, la fabrication numérique, les nouvelles économies, l’engagement civique, la conception et la production durables : Barcelone, Paris, Londres, Sao Paulo, etc… et aussi nos voisins et partenaires de Brest (avec l’UBO Open Factory).

Manisfeste FabCity: https://www.makery.info/2018/07/11/le-manifeste-de-la-fab-city/

2. Les LabFabs : synthèse l’année 2019

Les LabFabs ont développé des projets et se sont structurés suivant leurs profils et leurs cibles (LabFabs universitaires cherchant à diffuser les pratiques de la fabrication numérique dans les cursus, LabFabs associatifs cherchant un modèle économique et diffusant auprès de leurs partenaires, …), tout en explorant des pistes de diversification afin également d’élargir la communauté de prototypeurs sur le territoire. Leurs activités ont permis, à nouveau en 2019, à un grand nombre de découvrir la fabrication numérique, d’acquérir de nouvelles compétences ou même de réaliser leur projet, notamment par la pratique des OpenLabs (moment d’ouverture à tous dans les lieux avec des animations) ou durant les événements. Ainsi, en témoigne le nombre de projets postés sur le portfolio du LabFab : on recense aujourd’hui 220 projets postés, portés par des usagers du LabFab étendu.

Cartographie du réseau en fin d’année 2019

a. Les LabFabs

EESAB : Le LabFab de l’EESAB a fermé ses portes en Juin dernier, à la suite du départ de son FabManager, John Lejeune qui historiquement a porté le projet depuis sa création en 2012. L’atelier de fabrication numérique a démontré sa pertinence au sein de l’École d’Art durant ces 7 années d’existence. Une procédure de recrutement est en cours depuis cet été, mais elle a été portée infructueuse, paradoxalement, malgré le nombre de Makers sur Rennes, volontaires pour développer ce poste et l’activité du LabFab de l’EESAB. Cette fermeture, normalement provisoire, devrait durer une partie du premier semestre 2020. L’École doit passer un cap et a besoin de temps pour se structurer pour trouver la formule la plus pertinente pour inscrire un LabFab dans son programme avec ses forces vives (enseignants, personnel administratif et technique, étudiants, partenaires). Le FabManager en sera une pièce clé pour réussir. Rennes Métropole a inscrit à son budget prévisionnel 2020 un soutien financier pour aider l’EESAB dans sa démarche (20 000€ pour soutenir en partie le poste de FabManager et 20 000€ pour des investissements). En termes de projets, pour le LabFab de l’EESAB, on a vu en 2019 la réalisation et le lancement du MooC “Modéliser un objet 3D”, en partenariat avec l’IMT. Ce projet, financé dans le cadre de l’ITI FEDER Numérique, a été inauguré en Novembre dernier, et rassemble déjà plus de 4000 apprenants sur la plateforme France Université Numérique.

Maison des Associations – Association Bug :

L’association Bug a porté, sur le territoire, l’organisation de différents événements valorisant la fabrication numérique : MétroMix et Fabrique!. Les ateliers ouverts (OpenLabs) du mercredi et samedi après-midi offrent la possibilité à un public familiale de venir découvrir très concrètement d’autres facettes du numérique. “Fabrique!” a notamment permis de fédérer l’ensemble des LabFabs, en proposant au grand public de présenter les nouveaux acteurs du réseau (Comme un établi, La Volumerie, et des nouveaux partenaires: Digital Campus par exemple).

À la suite de ces évènements, l’association porte ou accompagne le développement des projets qui en sont issus, tel que ViaBird, la mangeoire connectée pour oiseaux (issu d’Europe ReMix) ou encore Cassiopée (suite à MetroMix). Ces actions, déjà en cours, perdureront sur 2020, en collaboration avec le réseau des LabFabs sur Rennes, afin d’associer le maximum de compétences possibles sur les projets. Par exemple, avec l’appui du Service Numérique de Rennes Métropole et de l’animateur du LabFab de Bug, une mangeoire connectée a été assemblée durant la fête de la biodiversité à Chevaigné fin mai 2019, et une cinquantaine d’habitants ont pu découvrir ce projet collaboratif et poser des questions sur les outils de fabrication numérique ou encore sur le devenir des données produites. Les vertus pédagogiques de ces projets ne sont plus à démontrer. On constate aujourd’hui que le public intéressé est plus varié (jeunes/anciens, hommes/femmes, amateurs/pros, informaticiens/néophytes, centreville/rural, …etc.), certainement en raison de l’importance qu’a pris le numérique dans notre société. Au contact des citoyens, les animateurs ont recueillis énormément de signaux pour nourrir les méthodes pédagogiques et les adapter pour être plus pertinents. Enfin, l’Association Bug assure le développement d’une plateforme de badges numériques, permettant de reconnaître les compétences des usagers du LabFab et les compétences numériques des salariés des associations rennaises. Financé dans le cadre de l’ITI FEDER de Rennes Métropole, l’année 2019 a été consacrée au développement de cette plateforme, et à son expérimentation. Celui-ci, fortement attendue, devrait être mise en œuvre courant d’année 2020 avec notamment un rdv important à Montréal en juillet pour FAB16 (rdv mondial des fablabs).

IMT Atlantique :

L’IMT Atlantique a lancé un nouveau MooC (cours massifs en ligne) en lien avec l’EESAB sur “Modéliser en 3D avec FreeCAD“. La création de ce nouveau MooC participe à la refonte du parcours de formations hybridant des temps présentiels (ateliers) et un travail en ligne (cours). Cette formule a pour but de démocratiser l’accès à des connaissances qui nécessitaient jusqu’alors exclusivement de passer par un cursus traditionnel, donc forcément plus excluant. L’IMT a donc lancé, depuis septembre dernier, l’expérimentation d’un MooC hybride au sein du LabFab étendu de Rennes : tous les 15 jours, des apprenants, en reconversion professionnelles ou au chômage, mettent en application le parcours de formation en ligne de l’IMT. Cette démarche expérimentale est une réussite. Elle est accompagnée par Pôle Emploi et WeKer pour permettre à 12 apprenants de se former, en découvrant 4 LabFabs et leur communauté de Makers et de professionnels. Cette première formation se terminera au début d’année 2020. Une évaluation est déjà en cours avec les partenaires, afin de mesurer l’opportunité de sa reproductibilité à long terme à Rennes et ailleurs. Enfin, en 2020, l’IMT devrait voir l’ouverture très attendues d’un nouvel espace pour son LabFab permettant ainsi un accès à un plus large public.

Université Rennes 1 :

Le LabFab de l’Université Rennes 1 (IETR) a organisé cette année deux évènements “CampOSV” permettant de continuer les développements du projet OSV (Véhicule Open Source), que ce soit dans de nouveaux partenariats ou dans la poursuite des avancées du projet FEDER PyOSVue. Ce projet, qui vise à concevoir et construire une plateforme de modélisation open source en ligne, testé en Mars 2019, est encore en cours de développement. La communauté de compétences est reconnue car dynamique et constituée d’une multitude de talents. Ce projet est également un prétexte pour provoquer des rencontres de chercheurs sur notre territoire afin qu’ils partagent leur spécialité. Portail national de la Fabrique des Mobilités: http://lafabriquedesmobilites.fr/la-fabrique/osva-vehicule-open-source-et-plateforme-dinnovation/ L’événement InOut au croisement des mobilités et du numérique a également pu bénéficier de cette dynamique.

Université Rennes 2 – EduLab :

Toute l’année 2019, l’EduLab a mis en place des ateliers pour faire découvrir la fabrication numérique à tous, et monter en compétence sur l’ensemble des pratiques de la fabrication numérique. Le public est régulièrement composé d’étudiants, d’enseignants et de quelques habitants.

Au-delà de ces ateliers, l’EduLab a œuvré à développer des projets en lien avec les filières de l’Université, afin de diffuser les pratiques de la fabrication numérique au sein de l’Université Rennes 2.

Université Bretagne Loire – Teaching Lab :

Avec la disparition de l’Université Bretagne Loire, l’avenir du LabFab du PNRB reste incertain. L’année 2019 a encore consisté, pour le TeachingLab, grâce à l’énergie de son FabManager, à développer la présence de la fabrication numérique dans les cursus de l’Université Bretagne Loire et de l’Université Rennes 1. Par ailleurs, l’Université Bretagne-Loire et le TeachingLab se sont engagés en 2018 dans un partenariat avec l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire, afin de développer le FabLab d’Abidjan. Cette démarche contribue au rayonnement du LabFab. http://www.labfab.fr/luniversite-bretagne-loire-envisage-un-labfab-en-cote-divoire/

Etrilet – Bruz :

En 2019, le LabFab de l’Etrillet a continué à développer son activité et se structurer, notamment par l’équipement d’une fraiseuse à commande numérique mise à disposition par l’EESAB de Rennes, dans le cadre d’un achat réalisé sur la Subvention 2018 de Rennes Métropole. C’est un bel exemple de coopération entre les membres du LabFab.

Cette machine permettra en 2020 d’offrir la capacité aux étudiants de l’EESAB de prototyper des installations de grands formats, mais aussi, au LabFab de l’Etrillet, d’offrir un service inédit sur le bassin rennais, de fraisage grand format. Le modèle préfiguré est intéressant à observer car il mixe de l’enseignement, de la créativité avec potentiellement des activités économiques.

Lab’O Cesson :

L’association continue son développement, notamment au travers de la collaboration avec MyHumanKit. De jeunes handicapés viennent pour développer leurs propres projets.  Le HandiVéhicule (projet également en lien avec le Vehicule Open Source) en est un exemple.

Les ateliers ont lieu les mardis et jeudis soirs. La mixité intergénérationnelle est recherchée: Sur de nombreux projets aussi bien en électronique, informatique, menuiserie, robotique, la progression se fait grâce au mélange des compétences entre les plus jeunes (12 ans) et les plus âgés (74 ans).

Source photo: http://www.labocesson.fr/fablab/

Les Espaces Publics Numériques :

Les Espaces Publics Numérique de la Ville de Rennes se sont très concrètement investis dans le réseau du LabFab étendu, durant l’année 2019. Cette participation a notamment pris la forme de création d’ateliers avec leurs usagers, en vue de l’événement Fabrique!, en septembre dernier. Ces ateliers de fabrication numérique ont permis de continuer à structurer des communautés de Makers dans les quartiers, d’identifier des talents et plus globalement de développer les pratiques de la fabrication numérique. C’est notamment le cas des EPN de la Maison de Quartier La Touche et de la MJC Bréquigny qui proposent des OpenLabs pour inviter leurs usagers à venir échanger et développer des projets liés à la fabrication numérique.

Crédit photo: MJC Bréquigny

La Maison des Squares (Le Blosne) a candidaté avec Rennes Métropole et le collectif Indien dans la Ville à l’AMI Tiers-Lieux lancé en Juillet dernier par la Mission Société Numérique. Les résultats seront connus début 2020. Quoi qu’il en soit, la réalisation d’un dossier de candidature collectif a permis de se poser et de mesurer les impacts sur le territoire qu’apporte un programme de LabFab grâce à l’implication de multiples acteurs chacun dans leur rôle, et à la coordination de la collectivité.

Betton :  L’Atelier partagé

Le LabFab de Betton est ouvert depuis 2018. Dès l’ouverture du lieu, une cinquantaine de membres composait l’association. Il est porté par l’association l’Atelier Partagée qui continue à faire vivre cet enthousiasme initial tout en se structurant par la réalisation de nombreux projets. L’association tisse des liens avec des acteurs déjà inscrits dans l’écosystème local, par exemple, collabore avec la médiathèque de Betton, mais aussi, a ouvert un Repair Café. Des pistes nombreuses sont à explorer à l’échelle de la Métropole, notamment sur le surcyclage ou encore le prototypage de jardins partagés.

Ce sera le 5e Repair Café à Betton en janvier 2020

Ce modèle de LabFab dans une commune de la périphérie de Rennes est intéressant à observer. Il s’appuie sur l’impulsion d’une dynamique locale qui reste à accompagner. Des moyens, notamment la mise à disposition d’un lieu, sont apportés par la commune, et des connexions avec des acteurs inscrits dans l’écosystème vont provoquer des échanges et donc une valeur sociale à mesurer.

Les communes alentours (Chevaigné, Montgermont, …) ont reçu des échos et sont intéressées pour y participer et trouver également un modèle de lieu d’échanges et de projets autour de la fabrication numérique.

L’Atelier Partagé de Betton doit pouvoir encore mieux tirer parti du réseau LabFab en 2020.

Le Hub Epitech :

Avec de nouveaux locaux, le Hub de Epitech a rouvert à partir du second trimestre 2019, après un an de “mise en veille”. Cette réouverture a permis d’inscrire dans leur programme la fabrication numérique. L’Ecole propose  un espace de formation autour des pratiques de prototypage et de démarche agile aux élèves, et aussi, très concrètement de manipuler un parc machines (imprimantes 3D, matériel électronique, …). Enfin, l’Epitech s’est investie dans le réseau en intervenant à quasiment tous les évènements grâce à une mobilisation d’étudiants. La Direction de l’École a inscrit et valorisé dans leur cursus cette participation des étudiants. C’est un acte fort qui fonctionne car le réseau LabFab permet aux étudiants de sortir de l’Epitech et de rencontrer d’autres communautés et d’être confrontés à des projets très concrets en lien avec le territoire. Cette démarche intéresse également les acteurs économiques à la recherche d’étudiants avec de l’expérience et un début de réseau professionnel pour les recruter.

La Volumerie de Broons :

Le LabFab de la Volumerie de Broons (Département 22, à mi-distance entre Rennes et St Brieuc) a ouvert en 2019. La charte LabFab a également été signée en 2019. C’est la concrétisation de 2 ans de travaux pour un jeune couple qui a choisi d’investir dans un lieu en périphérie de Rennes et de le rénover afin d’y installer leur activité professionnelle dans le domaine de la scénographie (construction de décors, de mobiliers d’accueil, …). Ils y ont adossé un LabFab associatif ayant eux-mêmes préalablement contribués très activement à des événements comme MuséoMix et sa communauté sur Rennes.

La commune de Broons a accueilli très favorablement ce LabFab et perçu toute la dynamique qui allait pouvoir se générer. En effet, ce lieu, comme son nom l’indique, permet d’accueillir dans un vaste atelier, un public éloigné des centres urbains, ou désireux de créer des projets conséquents : ce LabFab dispose d’espace et de machines pour travailler sur un plateau de plus de 100 m2. L’objectif de ce LabFab pour 2020 est de poursuivre son ouverture au public pour continuer à se faire connaître et s’inscrire dans l’écosystème local. L’activité économique se monte, tout en se structurant et en développant les outils nécessaires (développement d’une découpeuse laser avec les usagers, mise en place d’un outil de réservation en interne, …).

Le 12 décembre 2019, le LabFab La Volumerie a obtenu le prix de l’innovation numérique du Département des Côtes d’Armor.

Photo Ouest-France: Le Président du CD22 qui remet le Prix de l’innovation numérique au LabFab La Volumerie.

La marque LabFab étant ouverte, elle ne se limite pas au périmètre de Rennes Métropole. En toute logique, il doit néanmoins y avoir des coopérations avec les acteurs de la Métropole pour qu’il y ait du sens.

Là encore, ce modèle initié par La Volumerie est intéressant à observer. Des pistes sont certainement à entrevoir pour mieux coopérer avec d’autres fablabs sur la Région Bretagne. Car, notre région concentre une densité très singulière de fablabs et la richesse de ces projets serait multipliée avec plus de liens entre eux et avec les acteurs économiques et associatifs du territoire.  

L’Atelier Commun :

Ouvert depuis Septembre 2019, l’Atelier Commun est un LabFab intégré à la Belle Déchette (première ressourcerie à avoir vu le jour sur le territoire de Rennes Métropole). Son but est d’offrir un espace de prototypage et d’upcycling (*) pour les bénévoles de la Belle Déchette, mais aussi, une offre de service pour les entreprises souhaitant réaliser du mobilier, des prototypes ou toute sorte de projet.

(*) Concrètement, l’idée est de récupérer des matériaux ou des produits dont on ne se sert plus pour créer des objets ou produits de qualité supérieure.

Ouvert en OpenLab le mercredi et le samedi, ce lieu permet aussi la pédagogie en valorisant des pratiques liées au Low Tech ou au réemploi, et de réaliser de la médiation autour du développement durable. L’ambition est de transformer et de valoriser cette ressource inépuisable que sont les déchets.

Les démonstrations effectuées sur l’espace public lors d’un événement comme Fabrique! ont été très bien accueillies par les visiteurs. On pouvait assister au surcyclage de divers plastiques pour produire de nouveaux objets avec des techniques d’impression 3D. Des perspectives s’ouvrent pour rechercher de nouvelles voies face à un déclin des produits issus des hydrocarbures et de l’industrie 1.0 (linéaire) et s’orienter vers une résilience du territoire. C’est un des axes de recherche de la FabCity évoquée plus loin dans ce rapport. 

My Human Kit :

L’association MyHumanKit s’était fait connaître pour la fabrication numérique 3D de prothèses avec sa fameuse main bionique. Initialement, Nicolas, jeune amputé suite à un accident de travail avait rencontré la communauté du LabFab lors d’un événement sur Rennes en 2013. Il a découvert l’impression 3D et l’électronique ouvert. L’idée de la prothèse open source s’est concrétisée en prototype en quelques semaines grâce aux multiples compétences que le réseau LabFab a su mobiliser. Pour aller plus loin, Nicolas et d’autres collaborateurs ont fondé MyHumanKit.

Depuis 2015, MyHumanKit a obtenu de forts soutiens financiers pour créer un réseau de handilab. En 2017, elle a reçu une forte récompense (300 000€) de la fondation La France s’engage portée par notre ancien Président de la République François Hollande.

Basée dans les locaux d’Askoria à Rennes Beauregard, l’association MyHumanKit a progressivement intégré le réseau du LabFab. Cette collaboration s’est concrétisée par l’adhésion à la charte du LabFab durant l’année 2019. Ces échanges viendront s’intensifier sur l’année 2020, afin de déboucher sur la mise en place et le développement de projets concrets avec les LabFabs.

On peut considérer en synthèse de ce chapitre que les acteurs membres du LabFab militent pour un numérique essentiellement en dehors des écrans avec plus de liens directs entre les habitants, moins consommateur de ressources, et souvent comme prétexte pour partager et valoriser des compétences.

Cependant, les activités de chacun des LabFabs prennent tout leur sens car elles se conjuguent entre-elles sur le territoire. Cette collaboration produit un effet multiplicateur: Les communautés se partagent et se développent ensemble. Dans ce domaine où l’image du “Geek face à son écran” demeure tenace auprès de ceux qui n’ont pas encore pratiqué le LabFab, il est utile de mieux faire connaitre ces activités et offres de services de proximité car elles sont accessibles à tous.

La coordination d’un réseau de fablabs à l’échelle d’un territoire est un modèle absolument unique et qui amènent les autres métropoles du réseau FabCity à avoir beaucoup d’attention pour Rennes Métropole.

Ce modèle permet à chacun de sortir de sa zone de prédilection et de bénéficier des compétences et ressources apportées par les autres. L’impact social sur le territoire est directement mesurable et à cultiver car le LabFab dispose d’un potentiel très puissant.

Le chapitre suivant décrit certaines collaborations accompagnées par Rennes Métropole ou portées directement par les acteurs du réseau LabFab. Il est difficile d’être exhaustif car le Service Numérique de Rennes Métropole qui accompagne la démarche ne peut absolument pas se positionner en contrôleur ou encore en distributeur. Cette pratique collaborative nous met dans une posture non déterministe face à la multitude des projets improbables qui en découlent. La coordination n’en demeure pas moins nécessaire pour en faire un projet de territoire.

b. Le LabFab étendu et la coordination de réseau

Développement du réseau :

Le nombre de LabFab est en croissance ainsi que les communautés et participants aux ateliers. Des évolutions deviennent nécessaires pour répondre à des attentes notamment pour pousser des projets vers des activités économiques.

Comme indiqué dans le chapitre précédent, 2019 a vu l’émergence de nombreux nouveaux LabFab, dont certains projets sont encore en construction : l’Atelier Commun (à Rennes) a ouvert en Septembre 2019, La Volumerie à Broons (22) en Novembre 2019, l’EduLab Pasteur encore en préfiguration et opérationnel en 2020. D’autres perspectives de nouveaux lieux sont envisageables avec par exemple Rennes Business School et l’INSA avec leur cursus croisé MSc Innovation & Entrepreneurship.

Pour illustrer la phase de développement vécue actuellement par le LabFab, il peut être intéressant de faire un focus sur : Comme un établi.

Il s’agit d’un nouveau projet de LabFab qui ouvrira en début d’année 2020. Cet espace, dédié à l’artisanat, est porté par deux professionnels du bois, qui ont souhaité développer un espace mutualisé pour les artisans. En complémentarité avec les LabFabs, ce projet a naturellement intégré le réseau du LabFab étendu, afin d’échanger et de co-construire des coopérations avec les LabFabs. Détecté et accompagné par Rennes Métropole, ce projet occupera un bâtiment de la Ville de Rennes dès Mars 2020, afin d’y développer leur activité, d’abord associative, puis sous une forme de coopérative d’ici fin 2020. 

Cette structure, complémentaire aux pratiques des LabFabs, permettra d’une part de développer les compétences et projets autour de l’artisanat et du bois, et d’autre part de suivre avec attention l’émergence d’un maillon supplémentaire vers la concrétisation d’activités économiques issues de la fabrication numérique.

C’est un enjeu majeur à ce stade de développement du réseau LabFab. Il devient nécessaire d’identifier ou faire naître des dispositifs pour appuyer le développement de certains prototypes plus matures pour les transformer en activités économiques. Jusqu’à présent, malgré la qualité de nombreux projets, il n’a pas été clairement identifié de parcours à proposer aux porteurs des prototypes. La solution n’est très probablement pas unique et plusieurs pistes sont à explorer.

L’autre axe de développement se trouve dans le passage à l’échelle sur le territoire de la Métropole. Après une dizaine d’années d’expérimentations de prototypages appuyés sur des méthodes agiles et collaboratives mixant des experts avec un large public, il semble de plus en plus évident, au regard des transformations nécessaires pour gagner en sobriété environnementale, que les tiers lieux de proximité comme ceux du réseau LabFab peuvent être un élément clé pour un territoire.

Dans l’optique de changer de modèle, si une nécessité l’impose, cet écosystème local est en capacité de quasiment tout (re)construire grâce à son maillage de lieux équipés, ses communautés (et donc compétences), ses méthodes collaboratives ouvertes. La FabCity est une orientation qui mériterait, sans trop d’engagement, d’être testée.       

La structuration du réseau :

En 2017, à l’unanimité, tous les membres du LabFab ont fait le souhait de se structurer en association, afin de faciliter la mutualisation entre eux (commandes groupées de matériels par exemple). Aussi, lorsqu’il s’agit de répondre à des sollicitations extérieures (acteurs économiques notamment des grands groupes) et de valoriser les productions apportées, une réponse via une structure LabFab apparaissait plus pertinente.

Cette structure n’a pas vocation à modifier la gouvernance du projet territorial : le Service Numérique assure la coordination de l’ensemble de la démarche, et l’association regroupe uniquement les personnes physiques des LabFabs, à savoir les FabManagers et des utilisateurs réguliers. Cela se traduit pour ces derniers par un collège “sympathisants et usagers des lieux”. Ainsi, les plus fidèles utilisateurs des LabFabs peuvent adhérer à l’association, et, aussi, fédérer des communautés d’usagers autour du LabFab. C’est une forme originale et vertueuse de participation citoyenne.

L’association LabFab perçoit uniquement ses ressources de partenariats avec des acteurs économiques pour monter très occasionnellement des événements de type ateliers de fabrication numérique. Cette structure n’a pas vocation à développer une activité économique. Elle n’a pas non plus de dépense de fonctionnement importante (excepté l’achat de petit matériel partagé ou de composants pour un atelier, de frais de déplacements pour représenter le LabFab par ses membres).

Ce mode de fonctionnement, mis en place en 2017, a été utile pour cultiver un peu plus le travail en réseau entre les LabFabs, au-delà des coopérations spontanées entre personnes déjà mises en place.

Cette étape étant franchie, l’année 2019 a permis d’aller plus loin.

Suite à l’AG de l’Association LabFab du 19 décembre, Bérengère Amiot est reconduite comme Présidente. Elle est accompagnée par Baptiste Gautier qui en est Vice-Président, Laurent Mattlé (Trésorier), Richard de Logu (Secrétaire) et une dizaine d’Administrateurs.trices.

À la suite d’un séminaire organisé au mois de juin 2019, ou plus d’une trentaine de membres du LabFab ont participé sur les 2 jours, une réflexion plus structurante a été construite pour aboutir à quatre axes :

  • Les modèles économiques des LabFabs,
  • Une communication partagée entre tous les LabFabs,
  • Le développement de pratiques plus durables dans les LabFabs,
  • La documentation sur un outil commun pour l’ensemble des LabFabs.

Cf : Document de synthèse du séminaire effectué du 29 au 30 juin 2019 et Compte-rendu de l’AG du 19/12/2019.

3. Les évènements du LabFab étendu en 2019

Les membres du LabFab étendu ont proposé régulièrement, sur le territoire, cette année encore, un ensemble d’événements permettant de présenter la fabrication numérique auprès du grand public.

En plus de ces événements réguliers (notamment OpenLabs), plusieurs événements structurants, indiqués ci-dessous, ont été construit grâce à la participation de quasiment tous les membres du LabFab.

Notre territoire peut donc se démarquer grâce à la richesse de ces évènements qui provoquent des rencontres entre acteurs divers, font découvrir de nouvelles ressources, et permettent de développer des projets collaboratifs sur Rennes Métropole, mais aussi, d’appréhender le numérique autrement.

  • CampOSV Makers, du 13 au 15 Décembre 2018

Du 13 au 15 Décembre 2018 au Pôle Numérique de Beaulieu a eu lieu CampOSV Makers pour continuer les développements effectués durant les précédents évènements autour du Véhicule Open Source. En invitant largement les Makers, des acteurs académiques (recherche, enseignement) et économiques (grands groupes et entreprises), de nouveaux projets ont pu voir le jour, avec par exemple, le développement de vélo cargos open Source ou encore d’un petit véhicule motorisé. L’ensemble des projets ont été documentés sur Wiki-Rennes et donc accessibles à tous : www.wiki-rennes.fr/CampOSV_Makers

  • MétroMix, du 18 au 20 Mars.2019

MétroMix est un marathon créatif. C’est-à-dire un temps (2 jours) durant lequel des volontaires (amateurs et professionnels) viennent se challenger pour prototyper en équipe des projets afin de répondre à des enjeux. La méthode “ReMix” a été initialement développée dans le secteur culturel autour de projet pour revisiter l’accueil dans les Musées avec MuséoMix (puis BiblioReMix, et des déclinaisons ReMix). La communauté LabFab et l’association Bug qui porte MétroMix, avec le soutien de Rennes Métropole (subvention: 15 000€) a donc choisi de s’en inspirer pour aborder les questions liées aux déplacements et à leurs conséquences (consommation de ressources, pollution, temps passés dans les transports, …) afin d’essayer collectivement d’apporter des solutions innovantes. Il s’agit d’une 2e édition. La première édition de MétroMix a été réalisée avec comme partenaire principal Kéolis ce qui avait l’avantage de donner accès à de nombreuses ressources en lien avec les transports publics (Bus, Métro, vélo, parkings relais, …). En 2019, MétroMix a vu des sociétés comme Opendatasoft renouveler leur participation à cet événement ou un grand groupe comme Lacroix (équipements de signalisation urbaine) pour se rapprocher du LabFab et des Makers car la donnée issue des objets connectés est devenue fondamentale pour bien analyser une situation ou produire un service avec les citoyens. À ce sujet, les acteurs autour du LabFab bénéficient d’une dizaine d’années d’expérimentations de projets sur les objets connectés et les données produites avec les citoyens (cf les ateliers depuis 2012 ou encore le Défi Data+ en 2013-2014: http://www.labfab.fr/defi-dataplus-annonce-laureats-mardi-15-avril-depuis-rennes/ ). On perçoit vraiment une transformation ces dernières années où de nouveaux acteurs sont rentrés dans le jeu (des données). Les acteurs historiques du LabFab se positionnent de fait en ressources d’où la méthode ReMix où chaque profil doit pouvoir être valorisé au mieux et pour un projet collaboratif.

Dans ce but pour produire ensemble des Communs (“bien patrimonial partagé par les membres d’une communauté” source Wikipédia), MétroMix s’est inscrit en cohérence dans la continuité des différents évènements du territoire autour de la Mobilité organisés par le LabFab (MétroMix 2017, CampOSV, CampOSV Makers, …). Volontairement à quelques jours en amont d’InOut 2019, cet évènement a permis aux Makers, citoyens et experts de la mobilité de prototyper des solutions en lien avec les déplacements sur le territoire.

Sept projets ont ainsi prototypés, grâce au LabFab, et accompagnés par des entreprises comme LaCroix, Keolis, OpenDataSoft, …

L’ensemble des projets ont été documentés sur Wiki-Rennes 

Sur les réseaux sociaux le marathon créatif MétroMix a été fortement relayé.
Source: Twitter
  • InOut, du 28 au 31 Mars 2019.

Du 28 au 31 Mars dernier s’est déroulé InOut à Rennes.

À la suite de MétroMix, l’ensemble des projets du marathon créatif ont été présentés aux habitants durant cet évènement. C’était une belle vitrine pour les porteurs de projets qui ont répondu très positivement et ont pu exposer devant les milliers de visiteurs leurs réalisations et engager des échanges pour valider la pertinence d’aller plus loin dans le développement.

Le LabFab a animé une série d’ateliers durant InOut, permettant de rendre tangible des aspects du numérique pour aborder la mobilité et ses enjeux sur un territoire. Des thématiques sur lesquels le LabFab a déjà monté plusieurs ateliers ont été appréhendées: la qualité de l’air, avec l’animation d’ateliers de montage de capteurs citoyens de mesure de particules fines, d’atelier autour du suivi de ses consommations énergétiques, ou encore, d’atelier de découverte de l’électronique. Là aussi, ce fut des opportunités pour aborder la question des données produites par le numérique avec les visiteurs qui d’ailleurs en sont de plus en plus les producteurs conscients (…ou pas). Nos actions de médiations provoquent des échanges passionnants durant lesquels tous les participants apprennent ensemble. Les animateurs également recueillement énormément de signaux pour construire et améliorer leurs ateliers pédagogiques. La fonction de médiation est fondamentale pour provoquer cette intensité d’échanges avec les citoyens.

Atelier public durant InOut: montages de capteurs d’air
  • Séminaire du LabFab, le 29 et 30 Juin.

Le samedi 29 et dimanche 30 Juin, l’ensemble des LabFabs se sont réunis au LabFab de la Volumerie à Broons afin d’échanger et de se projeter sur l’organisation collective et les futurs actions à construire:

Ce séminaire a permis de structurer des actions sur les axes suivant :

-Réflexion autour de la Charte des LabFabs,

-Développer les pratiques de développement durable dans les LabFabs,

-Intensifier la documentation des projets dans les LabFabs, pour faciliter leur réappropriation,

-Identifier des modèles économiques pour les LabFabs.

Durant ces 2 jours, des groupes de travail ont été mis en œuvre sur chacune des thématiques, afin de produire des propositions et d’engager leur concrétisation.

Il a été préalablement rappelé que l’association LabFab est un outil à la disposition du réseau des LabFabs pour sa structuration (Financière, organisationnelle, communication, en prospective et stratégie).

Le lien, complémentaire, entre la coordination du LabFab étendu de Rennes Métropole et l’Association LabFab, passe aussi par la promotion de la Charte commune des LabFabs.

www.labfab.fr/wp-content/uploads/2017/01/Charte-Affiliation-LabFab-2017.pdf

Le LabFab bénéficie d’une visibilité déjà importante via sa présence sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook et le site Internet) et par les relais que font les communautés qui participent. Cependant, il est nécessaire de cibler d’autres publics pour élargir massivement l’audience. Des actions en ce sens sont envisagées en 2020.

Autre point important confirmé durant le séminaire: Le LabFab n’a pas vocation à développer une activité économique. C’est un point fondamental. Il est au service de ses membres qui eux peuvent, pour certains selon leurs objectifs, poursuivre des activités économiques.

Pour cela, le LabFab permet de mieux faire coopérer les FabManagers, de mutualiser des moyens, de favoriser les projets en commun à l’échelle du territoire et du LabFab étendu, et enfin (et surtout) de partager des cultures du numérique.

  • Nantes Maker Campus, du 5 au 7Juillet.

Le 5 et 7 Juillet dernier, le LabFab s’est déplacé à Nantes pour animer des ateliers et valoriser les projets rennais. Disposant d’un stand sous les nefs au cœur de l’île de Nantes, le LabFab a été en visibilité face à un public familial très curieux. Ces trois jours d’animations ont permis également d’animer 2 ateliers pour assembler plus de 20 capteurs de qualité de l’air avec des visiteurs volontaires débutants ou des Makers venant de toute la France. Durant ces ateliers, le LabFab a pu montrer et éprouver ses méthodes pédagogiques face à un public hétérogène. Au cours de ce week-end, le LabFab a présenté les projets Cassiopée (issue de MétroMix), l’organisation territoriale très singulière du LabFab étendu, mais aussi les MooCs hybrides avant leur mise en application en septembre 2019 à Rennes. Les collègues de la Métropole de Nantes ont apprécié ce temps d’échanges sur la manière d’aborder l’innovation et la fabrication numérique avec un large public au service d’un projet de territoire. C’était réciproquement très intéressant pour les acteurs rennais de mesurer hors de leur environnement habituel, les éléments différenciant sur chaque territoire et de les cultiver collectivement pour faire germer des projets.

  • Fabrique!, du 19 au 21 Septembre.

L’évènement Fabrique! a eu lieu dans un chapiteau sur l’Esplanade Charles de Gaulle peu de temps après la rentrée scolaire, du 19 au 21 Septembre 2019. L’association Bug en a été la coordinatrice avec le soutien de Rennes Métropole (subvention: 25 000€). Il visait à mobiliser au maximum un large public et aussi des professionnels de l’enseignement ainsi que des scolaires. Le pari a été réussi avec plus de 3000 participants sur l’ensemble du week-end et une inscription dans le programme “Dimanches à Rennes” (même si le dimanche a été la journée avec le moins d’affluence). Plus de 800 scolaires avec leurs enseignants sont venus sur inscription volontaire le vendredi et ont pu mieux connaître certaines facettes du numérique. On a constaté que les activités des LabFabs captent vraiment l’attention des plus jeunes (et pas uniquement de quelques-uns) et offrent la possibilité de les rendre actifs, donc de changer leur posture de consommateurs de numérique. L’opportunité d’utiliser de façon tangible l’ingrédient numérique dans leur matière (SVT, Technologie, Mathématiques, Géographie, …) a été bien perçue par les enseignants. Le numérique n’est pas une finalité, il doit être au service. D’ailleurs, cette année, en observant les parcours des visiteurs (parents/enfants), il a pu être constaté un changement de posture.  Il y a un début de prise de conscience des impacts du numérique sur notre société (environnement, éthique, …) et la nécessité de construire activement son identité numérique. Le LabFab reçoit de ce fait un accueil très favorable car il met ses visiteurs en position active et leur donne des capacités pour mieux comprendre les rouages du numérique, ses impacts, et pour engager ensemble la construction d’alternatives plus soutenables.

Photo: Le Télégramme,
https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/rennes-un-fablab-pour-faire-decouvrir-le-numerique-aux-enfants-20-09-2019-12388151.php

Les acteurs de la fabrication numérique de natures différentes (EPN, LabFab, associations, entreprises, …) se sont fortement impliqués tous ensemble dans la réussite de cet événement avec une coordination globale assurée par l’association Bug. Ils ont bien saisi l’opportunité de saisir ce moment pour montrer leur savoir-faire, la dynamique de leur communauté et leurs réalisations. Là encore, la marque ouverte LabFab permet cette fédération d’acteurs sur un temps fort pour conjuguer leur audience et provoquer des croisements fertils. Ce moment a présenté par exemple les activités accessibles dans les quartiers, pour les enfants et les adultes, et ainsi, valoriser les OpenLabs (ateliers ouverts) des LabFabs et donc les actions conduites par les acteurs mobilisés. Le public pouvait d’ailleurs essayer certains ateliers et repartir avec ses réalisations. Pour Rennes Métropole, ce fut une belle vitrine qui montre les actions en matière de fabrication numérique et leurs effets en matière de cohésion sociale.

Photo: Monique Gueguen – Direction Communication, Rennes Métropole
  • DataMix, le 25 et 26 Novembre 2019.

Fin 2019, le réseau du LabFab étendu de Rennes Métropole a co-organisé avec la Direction Régionale Enedis et quelques autres acteurs économiques ou associatifs, le marathon créatif DataMix.

Ces acteurs sont déjà engagés dans la transition énergétique et se sont mobilisés autour de la donnée en lien avec l’énergie pour construire ce temps commun de création de projets appelé DataMix.

Présentation sur le site du LabFab: http://www.labfab.fr/datamix-sur-lenergie/

Cet événement a eu lieu à l’EclozR situé à l’ancien siège de la CCI Bretagne face à la Préfecture. C’est un espace de travail partagé, de formation et d’idéation, de conférences et de réunions, ouvert en 2019 et accueillant des acteurs en réflexion sur leur stratégie digitale comme peut l’être Enedis.

Les participants, environ 40 personnes, venaient d’horizons très différents : collaborateurs Enedis, Makers, designeurs, développeurs, startups et PME, collectifs citoyens sur l’énergie, étudiants,  …

Le format ReMix se prête bien à la conception de projets en partant de grands enjeux comme la transition énergétique sur la Métropole de Rennes. Ces deux jours de prototypages ont été agencés par le LabFab grâce aux expériences acquises lors des précédents ReMix et en s’appuyant sur une large communauté constituée ces dernières années. Par exemple, chacun des groupes sur un projet dédié disposait d’un.e facilitateur.rice attitré.e et coordonné.e par le LabFab dans la méthode ReMix. Des experts de divers sujets venaient à des phases précises percuter les groupes pour leur injecter des éléments potentiellement utiles dans leur cheminement vers un prototype. Lors de la préparation de l’événement à partir du printemps 2019 et pendant sa réalisation fin novembre, il a ainsi été possible d’identifier et de mobiliser des compétences en provenance de divers horizons en lien avec les sujets à aborder. La valeur ajoutée du LabFab et du Service Numérique de Rennes Métropole a consisté à coordonner l’ensemble des ressources avant et pendant l’événement pour faire adhérer les participants et aboutir à des projets en  lien avec l’enjeu à résoudre: La Transition énergétique avec le numérique.

Pour Enedis, l’objectif est de faire participer plusieurs de ses collaborateurs et de les faire rencontrer des compétences extérieures pour se challenger avec des méthodes innovantes, valoriser leurs ressources (données, techniques, connaissances métiers, …) et réussir à prototyper des idées. En seulement 2 jours, DataMix a permis de concevoir quatre projets correspondants aux 4 thèmes pré-identifiés (ville, campagne, maison, transport) :

  • Cap 2100, un jeu permettant de sensibiliser aux enjeux du développement durable,
  • Pilotez Vert, permettant d’adapter la recharge des modes de transports électriques aux productions d’énergie renouvelable,
  • Energé’Ti, un dispositif permettant à toute la famille de visualiser sa consommation énergétique,
  • Le Totem, pour sensibiliser les habitants des communes rurales à la transition énergétique.

Cet évènement a, au-delà des projets, mis en pratique des techniques de facilitation et d’innovation ouverte entre des acteurs hétérogènes (acteurs économiques du territoire, collectifs, étudiants, …). Le LabFab dispose maintenant dans sa communauté ouverte, après plusieurs événements de type ReMix, de facilitateurs en capacité d’animer un groupe avec beaucoup de diversité et d’aboutir à la réalisation concrète de projets innovants. Cet événement contribue à présenter les pratiques de fabrication numérique auprès des participants, et ainsi, les diffuser auprès d’acteurs du territoire (Enedis, LaCroix, l’EclozR, …). Il reste encore du chemin à parcourir pour diffuser ces pratiques créatives car elles sont encore souvent à l’opposé de la planification historiquement instaurée notamment dans les institutions (Collectivité, Universités, grands groupes, …). Il faut éviter d’opposer ces pratiques managériales dans les organisations. L’enjeu est de réussir l’hybridation. Le LabFab est un élément facilitateur qui met en action les forces de chacun. En prototypage, “l’action précède le plan d’actions” et les contributeurs sont multiples et il leur est demandé d’aboutir rapidement ensemble à des démonstrateurs pour les tester in situ et en continu auprès des utilisateurs potentiels.

Les projets sont documentés et mis en accès libre pour permettre à d’autres de les améliorer ou d’y connecter des projets complémentaires.

Les participants à DataMix ont massivement formulé le vœu que les méthodes de ce marathon créatif soient plus largement diffusées pour notamment inspirer des acteurs concernés par la gestion des données.

Les méthodes de prototypage rapide mettent en action les différents particiants pour construire concrètement AVEC des contributeurs d’horizons divers et utiliser la puissance combinatoire des réseaux. Un grand groupe comme Enedis, durant DataMix, a bien compris l’hybridation nécessaire avec la facilitation apportée par le LabFab. Une transformation  numérique demande un changement de posture: d’un rôle de distributeur à un rôle de coordinateur.  

Le 6 décembre 2019, les prototypes ont été mis en avant sur le stand Enedis durant la DigitalTech Conférence du Poool et largement relayés sur les réseaux sociaux. Enedis a déjà proposé au LabFab de poursuivre en 2020 l’aventure de DataMix selon plusieurs pistes possibles (poursuivre les 4 projets, partir de problématiques territoriales et appliquer des méthodes de prototypage, massifier DataMix à l’échelle nationale, …). C’est un bel indicateur de réussite. Cependant, le LabFab conformément à sa ligne d’actions définies durant son séminaire en juin 2019, doit rester dans des événements impulsionnels et devra trouver des relais sur du long terme pour prolonger les pistes initiées.

Et d’autres événements de diverses natures ….

Au-delà de ces évènements organisés par le LabFab sur le territoire rennais, le Service Numérique de Rennes Métropole et le LabFab étendu ont été présents sur des évènements régionaux, nationaux ou internationaux : TechInn Vitré, MakeMe Fest Angers, Nantes Maker Campus, FABCity Summit, … (Liste non exhaustive).

Le LabFab a également été à l’origine d’une vingtaine d’ateliers pour construire des capteurs environnementaux. Ces capteurs composés d’électronique Low Tech permettent de mesurer 4 éléments : température, humidité, taux de particules fines de 2 types (PM10 et PM2.5). Ils ont été développés par une communauté en Allemagne : Lufdaten. Ces capteurs sont libres, suffisamment simples et fiables pour servir de support à un atelier ouvert pour un large public. Les appréciations reçues par les participants confirment qu’il s’agit d’un excellent exercice. La valeur ajoutée apportée par le LabFab réside dans ses pratiques pédagogiques aboutissant rapidement à des réalisations concrètes. Les participants apprennent en faisant. Celles-ci ont pu être développées durant les années 2017 à 2019 au cours des nombreux ateliers effectués. Les apprenants repartent avec leur capteur qu’ils ont assemblé durant l’atelier organisé par le LabFab. Le capteur (valeur 25€ financés par le LabFab) est “offert” aux participants à condition de l’installer sur son balcon (ou à proximité extérieur de son habitation). Le taux de capteurs mis en service par les citoyens ayant participé à l’atelier LabFab est passé durant l’année 2019 de 40% à 80% grâce à l’amélioration de la pédagogie en l’adaptant aux profils des apprenants. Neuf profils types ont été qualifiés pour leur apporter une attention particulière durant les ateliers.

Animation d’un atelier Capteurs d’Air dans une commune de la périphérie de Rennes
juin 2019
Atelier effectué au Poool ciblant des acteurs économiques – sept 2019

Les ateliers capteurs ont également été proposés au sein de Rennes Métropole par exemple lors du séminaire pour les élus des communes. Très concrètement, une cinquantaine d’élus ont pu sans tabou se lancer pour la 1ere fois dans la fabrication d’un petit objet connecté. Ils ont ainsi fait naître des données et compris le cheminement de celles-ci. Cet exercice les a amenés à se questionner sur la propriété de la donnée, sur les possibilités de réutilisations, sur la localisation de l’hébergement de celles-ci, le coût environnemental résultant….etc. Cet atelier a ensuite, à la demande d’élus, été rejoué dans un grand nombre de communes de la Métropole. Là encore, le LabFab avec sa communauté ont pu réussir ces ateliers grâce aux expériences pédagogiques cultivées durant ces dix dernières années.

Les données environnementales produites suite à ces ateliers du LabFab et grâce aux apprenants qui ont installés leur capteur, ont permis d’alimenter un réseau qui à ce jour couvre quasiment toute la Bretagne (et Nantes). C’est un bel exemple de production de Communs. Les données sont visualisables sur une carte et peuvent être réutilisées pour développer des services.

Par exemple: la sollicitation suivante est régulièrement vécue. De plus en plus de clubs de sports (Football notamment) et des parents ayant un enfant insuffisant respiratoire souhaitent disposer simplement d’une information sur le niveau de particules fines pour savoir si une activité physique extérieure intense est envisageable. Bien évidemment, le LabFab pour éventuellement aller plus loin devra alors s’appuyer sur ses partenaires plus expérimentés sur ce sujet: Service Santé, Maison Consommation et Environnement, École des hautes études en santé publique (EHESP), …

En 2019, pour compléter la carte de couverture en capteurs environnementaux sur le grand ouest, des ateliers ont été effectués par le LabFab à Lorient, à Brest et à Nantes. Le nombre de capteurs est aujourd’hui significatif et les données enregistrées depuis presque 2 ans confirment une bonne fiabilité. Le rapport entre le coût (matériel, moyens de mise en œuvre, formation) et le résultat est à apprécier. Ces données sont exploitables par tous et permettent de développer une culture de la data science. Des Ateliers ont été testés avec plus d’une centaine d’étudiants (Licence Pro Réseau et Télécom Saint Malo, Master2 SDIN Sciences éco Rennes 1, IAE Nantes, CNAM module data science, …etc) pour réutiliser les données et les croiser avec d’autres data sets et des expertises (santé, environnement, …). Les essais sont très concluants. En partant de compétences métiers et en infusant très concrètement des compétences en data, et des pratiques sobres (LowTech notamment), on doit pouvoir ouvrir des pistes intéressantes contribuant à engager massivement la transformation avec le numérique de notre société.

Depuis 2016, les ateliers sur les capteurs environnementaux du LabFab ont aussi nourri le projet Ambassad’Air initié par la ville de Rennes et animé par la MCE. Cela a permis d’avoir un nombre très significatif de capteurs réalisés avec les citoyens en fonctionnement sur Rennes qui est d’ailleurs devenue en 2019 la ville la plus densément équipée en France (et la Bretagne est la Région la mieux couverte :-)), bien loin cependant des participations citoyennes constatées en Allemagne ou dans d’autres pays.

Carte Luftdaten, capteurs citoyens en fonctionnement et taux de particules fines (PM10)

L’ensemble de ces évènements a permis de rencontrer les citoyens, et d’animer un réseau d’acteurs nationaux ou même internationaux, en faisant ainsi rayonner le territoire en révélant ses talents, et de proposer des pistes de développement pour Rennes Métropole. De nombreux projets ont pu aboutir en hybridant les champs économiques et associatifs, en revisitant des techniques d’enseignement (avec les scolaires et universitaires) et surtout en associant les citoyens à la construction d’une société numérique désirable.

Cette phase de développement du LabFab qui a consisté à démontrer la pertinence des méthodes de prototypage rapide associant massivement un large public (des experts aux citoyens en considérant que toutes les personnes ont une expertise relative) peut se poursuivre dans les années à venir. Il apparait aujourd’hui envisageable de franchir un cap en assumant plus encore cette démarche dans nos politiques publiques.

Atelier sur l’impression 3D à Rennes Métropole et salon avec participation du LabFab

Le territoire de Rennes Métropole et le LabFab ont été labélisés, en Juin 2019, comme FabCity. En intégrant ce réseau international de 34 villes, Rennes Métropole a été reconnu pour son réseau de LabFabs, inédit à l’échelle mondiale (aucune ville ne coordonne un réseau aussi dense et hétérogène que Rennes avec autant de projets en lien avec le territoire), et pour les compétences des lieux : de l’inclusion au développement durable, les LabFabs créent des solutions de résiliences pouvant être dupliquées à bas coûts et mises en réseau à l’échelle internationale. C’est d’ailleurs un enjeu important à ce stade de développement pour le LabFab étendu: Le réseau FabCity vient reconnaitre le modèle rennais pour inspirer d’autres Métropoles à travers le monde et réciproquement les acteurs du LabFab devraient pouvoir s’appuyer sur cette reconnaissance extraordinaire pour gagner en crédit et faire prendre conscience localement du potentiel à saisir.

Participation à la FabCity durant le  summer camp de Barcelone sur la thèmatique:
” How to feed the world without destroying the planet ?”.

4. Les perspectives du LabFab étendu en 2020 :

La stratégie définie en 2014 pour le LabFab étendu a été mise en œuvre sur Rennes Métropole et, comme il a pu l’être démontré dans ce bilan, a produit une expérience collaborative unique à l’échelle mondiale sur la fabrication numérique. Elle s’est réalisée grâce à la coordination apportée par Rennes Métropole pour la mise en place de projets communs avec des acteurs porteurs sur le territoire, le développement d’une communauté et des outils partagés. 

Schéma de “gouvernance” du LabFab, Rennes Métropole depuis 2016

Sur le territoire, de nombreux évènements seront toujours proposés par le LabFab étendu en 2020, permettant de démontrer les usages de la fabrication numérique et sensibiliser les citoyens. Le LabFab pourrait d’ailleurs être moteur dans la conception et mise en œuvre de la partie extérieure (Out) de l’évènement InOut.

Les événements portés par Bug (Fabrique! et MétroMix) devraient être revisités pour toujours rechercher des nouvelles formes et essayer d’anticiper les sujets (tendances, points de débats, …etc.) apportés par le numérique dans notre société. Le programme #RESET de la FING (fondation Internet nouvelle génération) à laquelle Rennes Métropole est membre administrateur, a produit une réflexion sur un numérique plus soutenable (environnement, éthique, …). Le LabFab pourrait en être un acteur pour prototyper des solutions. Cela serait très cohérent avec le programme FabCity.

Comme il a pu être constaté durant cette année 2019 et indiqué à plusieurs reprises dans ce document de bilan, le LabFab a fait ses preuves en matière de prototypages, d’animations d’événements et de communautés sur notre territoire et ailleurs. Pour 2020 et ensuite, la question de franchir un cap se pose naturellement en assumant plus encore cette démarche dans nos politiques publiques.

Le LabFab est tout aussi naturellement convié à participer au rdv mondial des fablabs, FAB16 en juillet 2020 à Montréal. Il reste à définir le format du déplacement en fonction des ambitions pour valoriser les travaux du LabFab étendu et les perspectives recherchées. Des propositions sont à bâtir au 1er trimestree 2020 avec les membres du LabFab et à proposer aux élus qui investiront le Conseil de Rennes Métropole en mars 2020.

Une participation de Rennes Métropole en présentiel à Montréal apparaît logique pour continuer les premières actions conduite en 2018 qui ont abouti au label FabCity.

C’est une opportunité pour accompagner la transition de notre territoire. Le manisfeste FabCity est construit sur des ambitions nourries par des expérimentations qui doivent franchir un stade afin d’avoir un impact environnemental. Les Métropoles du monde vont devoir se fédérer en ce sens et la FabCity est une possibilité. Rennes Métropole a été très positivement accueillie dans ce réseau mondial grâce aux actions déjà mise en œuvre avec le LabFab étendu.

Le FabCity Summit est un rassemblement international d’experts et de professionnels dans domaines de l’économie circulaire, l’urbanisme, la fabrication numérique, les nouvelles économies, l’engagement civique, la conception et la production durables. Organisé pour la première fois à Amsterdam en 2016 puis à Copenhague en 2017, Paris a accueilli l’édition en juillet 2018, puis Amesterdam en 2019 et le LabFab y a participé. Le prochain sera donc à Montreal en juillet 2020.

Enfin, pour l’année à venir, plusieurs actions complémentaires seront à poursuivre ou mettre en œuvre :

  • Poursuivre la coordination du LabFab étendu et la collaboration entre les membres pour faciliter la réussite de leurs projets au bénéfice du territoire (par des événements, ateliers, …),
  • Continuer à monter en compétence sur la pédagogie d’animation d’ateliers de fabrication numérique (objets connectés et données, modélisation 3D et techniques de fabrication additive, …) avec un public très large (citoyens / experts), documenter pour partager, mesurer les effets induits en matière de transformation des organisations, participer au lancement de l’EduLab Pasteur, …
  • Accueillir les nouveaux entrants qui ont manifesté leur souhait d’entrer dans le LabFab étendu (INSA, Digital Campus, …) avec probablement de nouveaux formats à concevoir,
  • Détecter et accompagner le montage de nouveaux collectifs fablabs (ex : FabLab Industries culturelles, The Land, espace d’expérimentations à la Lande du Breuil,  …),
  • Continuer l’animation de différents acteurs économiques du territoire autours de la fabrication numérique et des transitions  induites (objets connectés, données, organisations collaboratives, …). Les partenariats successifs en 2017, 2018 et 2019 (Enedis, Leroy Merlin, Evocim, …à leur demande) ont été positifs et des demandes de prolongement ont été reçues,
  • Renforcer les liens avec des dispositifs existants pour mieux accompagner le développement de projets issus de prototypages (Le Poool, Rennes St Malo Lab, 1Kubator, EclozR,   …etc.),
  • Défendre des modèles plus résilients (environnement, éthique, …) cf programme #RESET de la FING,
  • Mieux partager sur le territoire le modèle FabCity, sonder des partenaires pour mesurer la faisabilité localement de s’engager dans une telle démarche, et en fonction de l’ambition politique franchir un cap significatif sur Rennes Métropole,
  • Continuer à tisser des liens avec d’autres territoires en matière de fabrication numérique : Partager le format ReMix, avec la démarche FabCity, dans le Réseau Français des FabLabs, avec les FabLabs en Bretagne (Brest, Concarneau, Lannion, Auray, Fougères, …), via les MooC (30% des participants sont en Afrique), et avec d’autres Métropoles qui sollicitent le LabFab (Manchester, Barcelone,…).

Très belle année 2020 et à très bientôt pour de nouveaux projets au LabFab !