Makers Contre Le Covid

Bilan 2020 du LabFab étendu

Les FabLabs : Rappel de l’origine

À l’origine, un FabLab (contraction de l’anglais Fabrication Laboratory, « laboratoire de fabrication ») est un tiers lieu de fabrication cadré par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et la FabFoundation. Ces lieux sont définis par une charte globale et un logo; proposant un inventaire minimal permettant la création des principaux projets :

Figure 1 – Logo de la Charte des FabLabs MIT (info: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab )

Ces lieux, en émergence depuis le début des années 2000, se sont diffusés partout dans le monde. On recense aujourd’hui plus de 1750 lieux dans tous les continents.

Notre territoire connaît un développement particulièrement dynamique des lieux de fabrications numériques et des communautés associées. Ils se sont fédérés autour de la marque LabFab vers 2010 durant des événements en lien avec les usages créatifs et pédagogiques du numérique.

Le LabFab :

Le LabFab est le projet collaboratif de Laboratoire de Fabrication numérique sur Rennes Métropole et au-delà. Il a été fondé par un collectif pluridisciplinaire de structures afin d’explorer les potentiels sociaux, créatifs et économiques des méthodes et techniques de la fabrication numérique. Parmi ces structures : l’EESAB (École Européenne des Arts de Bretagne, la Ville de Rennes, Rennes Métropole, l’Institut Mines Télécom, la Région Bretagne, l’association Bug, puis les Universités de Rennes, des acteurs économiques et associatifs …).

Chaque entité porteuse de cette marque LabFab met de l’espace, du temps et des moyens financiers à disposition du projet territorial pour contribuer à sa réussite. Ces espaces sont reconnus, chartés et fédérés au niveau mondial par le MIT (Massachusetts Institute of Technology) sous le nom de FabLabs.

Rappel des axes d’actions du LabFab et de ses membres:

 

Un premier espace LabFab a été ouvert à l’EESAB en février 2012.

En 2013, le LabFab a décidé de se déployer au niveau territorial sous la forme d’un réseau de lieux articulés autour d’une marque. Le LabFab s’est progressivement professionnalisé : un “Fab Manager” dans l’association Bug, un autre à l’EESAB…

Les années 2012-2016 ont permis de préfigurer le projet sur le territoire et d’identifier les 4 axes de développement et l’accompagnement apporté par Rennes Métropole directement aux structures adhérentes à la marque LabFab.

Le LabFab dans ses différents lieux a pu rassembler une communauté de prototypeurs (plus de 300 personnes actives sur le territoire métropolitain), et est devenu un ambassadeur mondial de la créativité locale (plus de 200 projets publiés sur le portfolio du LabFab, près d’une centaine d’événements dont plus de 40 à l’international depuis 2013).

En 2014, une dizaine d’Espaces Publics Numériques sur la ville de Rennes ont été équipés et des animateurs formés grâce à une aide financière de la ville au titre de la politique des quartiers.

Depuis 2015, des Universités (Rennes 1 et Rennes 2) ont ouvert leur LabFab et se sont intégrés dans la dynamique collective du réseau.

La charte, co-signée entre Rennes Métropole, et les structures hébergeant les ateliers, permet de partager des moyens (machines, matières, énergie, espaces, temps), de garantir un niveau homogène de services entre tous les lieux, de monter collectivement en compétence et surtout, d’assurer, à minima, 4 heures hebdomadaires d’ouverture à tous les publics, appelées “OpenLabs”.

À fin 2020, seize lieux s’intègrent à ce projet territorial désigné « LabFab étendu ».

Le LabFab est reconnu au niveau national et s’inscrit dans le principal réseau qui fédère les FabLabs: RFF (réseau français des fablabs). Celui-ci organise des échanges entre les porteurs de projets de FabLabs et fait le lien avec les instances nationales qui conçoivent et lancent des appels à projets. Le réseau RFF a, par exemple, permis des coopérations entre Régions au printemps 2020 face à la crise Covid19 et pour aider à accompagner la réaction des Makers au bénéfice de l’intérêt général. Au-delà du COVID, de nombreux échanges ont eu lieu avec le nouveau Bureau Associatif du Réseau Français des FabLabs, avec notamment la visite à Rennes en Janvier 2020 de Matthieu Debar, chargé de projets au Dôme de Caen et nouveau Président du RFF. Ces échanges ont permis de dresser des perspectives de contribution en matière de pédagogie et avec les MooCs hybrides, et aussi concernant des projets de FabCities en France.

Au niveau international, outre la charte initiale du MIT, le réseau des FabCities dans lequel Rennes Métropole est reconnue, défend des modèles plus résilients pour les territoires. Les pratiques des FabLabs sont donc très inspirantes pour ces nouveaux modèles plus sobres. Avec ce réseau FabCity, le LabFab échange régulièrement avec d’autres Métropoles inspirantes sur le numérique comme Barcelone ou Montréal.

Le LabFab est soutenu par Rennes Métropole et notamment via son Service Numérique qui consacre du temps pour accompagner l’animation de ce réseau sur des enjeux d’intérêt public.

Message de Yann Huaumé, Vice Président de Rennes Métropole au numérique:

L’enjeu d’acculturation au numérique pour tous est un pilier de notre territoire. Pour y répondre, un premier niveau d’intervention de la Métropole s’adresse aux “personnes très éloignées du numérique”, de plus en plus exclues par la digitalisation et la dématérialisation des procédures.
Un deuxième niveau, qui s’apparente à une démarche de découverte de la “culture numérique”, permet d’acculturer l’ensemble de la population et leur donner confiance dans les usages du numérique”. C’est dans ce cadre que depuis presque 10 ans, le LabFab développe des actions et des projets, inscrits dans des pratiques d’éducation populaire, où les citoyens et acteurs du numérique, cohabitent et se fabriquent une culture commune. Comme vous pourrez le lire dans ce bilan, les Labfabs ont su porter de nombreuses initiatives et ont démontré, s’il le fallait encore, leur agilité et leur résilience durant cette année 2020 si singulière.
Pour faire émerger cette « culture numérique », ce bilan 2020 rappelle qu’il est essentiel de mettre en réseau les acteurs et de partager les compétences. Aussi, en troisième niveau, les plus initiés participent ici à la création et la participation de démarches innovantes dans des espaces ou évènements de «fabrique numérique» que sont les Labfabs.
En continuant de garantir ces trois niveaux d’accompagnement, Rennes Métropole avec le LabFab soutien et accélère la transition numérique du territoire, dans un schéma où chacun a sa place, condition sine quo none d’une culture numérique inclusive.”

 

1. Les Labfabs – Synthèse de l’année 2020

Introduction :

L’année 2020 a été une année particulière pour tous avec la pandémie mondiale de COVID-19.

Les mesures de confinements, que ce soit de Mars à Mai, ou encore de Novembre à Décembre, ont bouleversé les activités des LabFabs. Celles-ci sont généralement en présentiel, car la fabrication numérique offre la possibilité de se reconnecter avec les objets tangibles et de concevoir et construire à plusieurs un projet. Une “riposte créative” a néanmoins eu lieu grâce aux FabLab Managers et aux membres fréquentant ces lieux qui ont fait preuve d’imagination, de détermination et de rigueur pour continuer à produire et partager des projets et des compétences. Il est intéressant d’observer cette réaction et d’en retirer des signaux potentiellement préfigurateurs de nouvelles pratiques.

Les LabFabs ont été obligés de fermer leurs portes puis, dans le cadre du second confinement, de recevoir de manière très exceptionnelle pour certains, du public professionnel sur réservation uniquement. Une grande agilité dans les pratiques a été de mise durant cette année, en développant des ateliers en virtuels pour certains, ou en concevant de nouveaux modèles permettant la continuité des activités pour les autres. Sur l’ensemble de l’année, malgré les fermetures obligatoires et le confinement strict, aucun LabFab n’a complètement cessé son activité. Plusieurs facteurs caractéristiques du mode de fonctionnement des FabLabs ont permis cette résilience : des pratiques collaboratives et des échanges numériques déjà bien éprouvés, une répartition décentralisée des machines donc par très petits groupes connectés.

La crise sanitaire a mis en lumière ces pratiques avec la production solidaire d’équipements de protection individuelle au mois de Mars, Avril et Mai 2020 aux personnes en contact de publics (commerçants, professions médicales, …).

Source photo: collectif Makers35 visières solidaires

Cela a eu pour effet, bien évidemment de répondre à une carence, et aussi de démontrer la pertinence de ce modèle de fonctionnement (coopération et production entre les acteurs) déjà en œuvre sur le territoire au travers du LabFab. L’ensemble des LabManagers et LabFabs ont pris part à un réseau de production local et régional, regroupant une communauté de 125 Maker.euse.s, pour la plupart usagers du LabFab et équipés d’imprimantes 3D. Cette mobilisation a permis de produire plus de 6000 visières pour les Brétilliens au contact du public. Le LabFab a assuré une partie de la coordination régionale de ce mouvement participatif pour la production, la logistique (matière première, connexion production/demandeurs, distribution sécurisée) et le lien aux institutions (BDI, Région Bretagne) chargées de passer à l’échelle en impulsant les industriels locaux.

Cette année, les LabFabs ont aussi continué à développer des projets qui ont rayonné à l’échelle territoriale par leur impact et leur valeur, ou, par des partenariats avec des acteurs rennais, comme des grands groupes, des associations, des écoles, … Ils se sont aussi structurés suivant leurs profils et leurs cibles (LabFabs universitaires cherchant à diffuser les pratiques de la fabrication numérique dans les cursus, LabFabs associatifs ou entrepreneuriaux cherchant un modèle économique et diffusant auprès de leurs partenaires, …), tout en cherchant à se diversifier et élargir la communauté de prototypeurs sur le territoire.

Le maintien des activités durant cette période contrainte a permis de continuer à faire découvrir la fabrication numérique, d’acquérir et partager des compétences ou même de réaliser leur projet (DataMix, WorkShop Textile connecté, création de jeux GameJam, OpéraMorphose, OctoberMake …etc), notamment par la pratique des OpenLabs (moment d’ouverture à tous des lieux) ou d’animations à distance, en virtuel, le développement de MooCs (courts hybrides en ligne et en présentiel dans les LabFabs avec plus de 200 000 participants à date), le développement de contenus libres en ligne, …

Le LabFab a participé à OctoberMake (rendez-vous des FabLabs en France, exclusivement en ligne cette année) et notamment animé la séance sur les FabCities.

TechInn’Vitré, du 14 au 16 Février : Le seul événement auquel les membres du LabFab ont participé physiquement en 2020

 

  • Ce bilan dresse en 2 parties les actions en lien avec le LabFab, tout d’abord par lieux affiliés à la charte LabFab puis par projets fédérateurs.

Les données concernant les membres du LabFab se trouvent ouvertes sur le portail de Rennes Métropole: https://data.rennesmetropole.fr/explore/dataset/adresses_labfab/information/

 

Le LabFab de l’EESAB :

Le LabFab de l’EESAB, situé au sein de l’École Européenne Supérieur d’Arts de Bretagne a accueilli un nouveau LabManager en Février 2020 après le départ de John Lejeune qui avait participé au montage initial du projet.

Ce renouvellement ouvre de nouvelles perspectives dans ce lieu reconnu dans le monde des fablabs.

Un premier temps en 2020 a consisté à remettre en place l’espace. Celui-ci reste sommaire réparti en 2 lieux au sein de l’École. Il était nécessaire de revoir l’aménagement afin de rouvrir au public dans de bonnes conditions (avec une maintenance des machines, redéfinition des espaces, …).

Source photo: EESAB

Le projet du LabFab de l’EESAB est structuré autour de trois axes :

  • développer des projets étudiants ou internes à l’école, en considérant l’atelier LabFab et son manager comme une ressource pour toutes et tous au sein de l’EESAB ;
  • un volet grand public, au travers des Openlabs du LabFab de l’EESAB, tous les vendredis de 9h à 18h. L’enjeu de ces Openlabs, pour l’École, est d’ouvrir les travaux des étudiants et enseignants vers le territoire. Cette démarche permet d’imaginer de nouveaux projets très concrets (urbanisme, environnement, inclusion, …). Ainsi, des liens sont déjà initiés avec la Chambre des Métiers et de l’Artisanat ou encore l’association My Human Kit sur l’accessibilité pour les personnes handicapés.
  • un volet Recherche où l’outil LabFab vise à décloisonner les relations entre chercheurs et étudiant·es, acteurs économiques (entreprises), pouvoirs publics (collectivité), société civile (associations et collectifs) et population (ateliers et interventions dans l’espace public). Les liens se tissent progressivement par les projets.

L’ensemble de ces axes est actuellement mis en œuvre par le nouveau FabManager qui pourra s’appuyer sur le réseau du LabFab pour collaborer à cette démarche et percoler sur le territoire. Depuis son ouverture, le LabFab de l’EESAB a reçu le soutien de Rennes Métropole par subventions, et une inscription en ce sens a été à nouveau formulée au budget 2021.

Le lien vers le carnet du LabFab de l’EESAB : https://www.eesab.fr/rennes/labfab-laboratoire-de-fabrication-numerique/

Exemple de projet : Partenariat Euroshelter – Utilisation de matériaux composites de type “sandwich pour le design avec l’entreprise rennaise basée à la Courrouze.

Les projets ont été présentés au Salon “Materials and Light”, au Carreau du Temple les 8 et 9 septembre 2020.

Maquette en impression 3D pour un mobilier extensible.

 

 

Le LabFab de la Maison des Associations :

Cette année, le LabFab de la MDA, porté par l’association Bug, a poursuivi le développement de projets pédagogiques issus des marathons créatifs. La fabrication numérique nécessite encore de s’illustrer avec des projets simples et très concrets pour donner à voir ses potentiels à un plus large public.

Le projet ViaBird est un exemple significatif. Il a été prototypé en 2 jours lors d’EuropeReMix en mai 2018 avec 5 autres projets. L’idée est simple : il s’agit d’une mangeoire qui prend en photo les oiseaux pour les identifier et permettre ainsi de cartographier la présence des volatiles.

Dessin : @Lizuka

La réalisation de ce dispositif se veut accessible pour un large public et permet de toucher concrètement les phases de construction (idéation, design, prototypage) d’un projet et quelques “briques” du numérique : composants électroniques, données, connexion, intelligence analytique (IA), BOT (agent conversationnel), …

Ce projet a été itéré en 2019 et 2020 pour aboutir aujourd’hui à un projet fonctionnel, ouvert (licence libre) et réplicable (composants simples, bas coût). Des partenariats avec le LabFab de l’Epitech de Rennes, la Maison de Quartier La Touche et la participation de bénévoles ont permis de tester et mettre au point des ateliers. L’association BUG dans le cadre d’un partenariat avec la ville de Rennes coordonne les programmes numériques des différentes Maisons de Quartier de Rennes et permet ainsi la diffusion des pratiques issues du LabFab.

Ce LabFab, ouvert en OpenLab le mercredi et le samedi, propose des ateliers à destination de tous. Hors période de contrainte sanitaire, l’affluence des visiteurs est au rendez-vous. L’emplacement au cœur de la ville permet de drainer un public de curieux.

Pour faire participer les visiteurs et les inciter à revenir, des animations sont très ludiques sont régulièrement proposées (ex : décorations de Noël en mode “Do It Yourself” avec un dessin numérique et la découpeuse Laser). Les plus fervents peuvent capitaliser les savoir-faire acquis sur une plateforme de badges de compétences. Ils peuvent ainsi faire valoir leurs pratiques des OpenLabs : découverte du monde des LabFabs, utilisation de découpeuse laser, programmation d’un objet connecté, …

Cette plateforme mettant en avant les badges de compétences s’appuie sur le dispositif Open Badges. Celui-ci créés en 2011 par la fondation Mozilla, fournit un système d’accréditation qui vise à faire la promotion de la reconnaissance des compétences et des réalisations acquises par le biais d’un apprentissage formel et informel.

L’intérêt d’ouvrir la plateforme se trouve dans la possibilité d’accueillir d’autres émetteurs de badges qui peuvent être des écoles reconnues, des programmes para-scolaires, des cours en ligne ouverts. Ils délivrent ceux-ci selon différents niveaux, certains symboliques et motivationnels, d’autres soumis à des conditions d’obtention plus rigoureuses.

Le lien vers la plateforme de badges : https://badges.bzh/ (détail dans la 2e partie de cette note sur les actions collectives portées par le LabFab).

Le LabFab de la MDA a aussi joué un rôle au cours de la mobilisation des Maker.euse.s pour faire face à la pénurie d’équipements de protection au Covid19, en mettant à disposition un espace pour collecter, stocker et distribuer les visières produites et ainsi faciliter la coordination et la distribution aux professionnels. Cette opération est abordée dans la Section 2 de ce document sur les actions collectives portées par le LabFab.

Enfin, l’association Bug a décidé cette année de créer un nouveau format dans le cadre de Fabrique!. Les années passées, Fabrique! était un événement sur 3 jours rassemblant les Makers et FabLabs pour montrer leurs projets à un public scolaire le vendredi et aux familles durant le weekend. Très populaire, (soutenu par Rennes Métropole via une convention et une subvention : 25 000€) cet événement a su cultiver une audience croissante : environ 4 000 participants en septembre 2019 et plus d’une cinquantaine de collectifs venus présenter leurs projets numériques en lien avec l’éducation. Les conditions sanitaires ne permettant pas d’organiser un évènement grand public ni la tenue d’ateliers en ville, il a fallu ré-inventer un format. Bug a conçu et réalisé une série de vidéos afin d’aborder la fabrication numérique de façon très pédagogique et en utilisant les codes des influenceurs sur les réseaux sociaux afin de capter un large public. La fin de l’année 2020 a donc permis d’initier ce nouveau format avec par exemple des vidéos en test. Des précisions sont apportées dans la Section 2 de cet article car cette initiative a vocation à être co-élaborée par les autres membres du LabFab.

 

Le LabFab de l’IMT Atlantique :

L’IMT Atlantique est l’une des structures à l’origine du LabFab consciente de l’enjeu de sortir les ingénieurs de leur sérail. Par cet engagement dans le réseau LabFab, des compétences en télécommunications et en informatique ont été rendues accessibles à des non-ingénieurs grâce à un investissement remarquable dans la pédagogie. Le cheminement des ingénieurs vers un public mixte et néophyte est également à apprécier. En apportant une touche de créativité, des projets très originaux et représentatifs de “l’esprit LabFab” ont vu le jour. On pense notamment au projet La Boite qui est un petit afficheur. Celui-ci se fabrique aisément et à faible coût (environ 20€). Il permet de comprendre le parcours d’une donnée depuis sa fabrication (avec un capteur), en passant par son stockage (…dans quel datacentre ? et selon quel format ?), l’application qui la libère, jusqu’à son affichage qui rend possible de multiples formes de représentation. Il n’est plus nécessaire d’être un codeur spécialisé en base de données. La Boite permet, par exemple, d’afficher dans combien de temps un bus arrive devant la Mairie de Saint Sulpice la Forêt, car les données sont accessibles. Cette démarche devient vraiment intéressante lorsque La Boite affiche des données d’origines diverses ce qui permet d’agir sur le comportement de son propriétaire pour avoir des pratiques plus vertueuses (mobilité, énergie, …). Les outils simples mis à disposition abaissent la barrière à l’entrée pour accueillir un plus large public et dépasser la surface de l’écran pour s’immiscer dans le fonctionnement du numérique.

Le projet La Boite :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Documentation : https://wikifab.org/wiki/Labo%C3%AEte_-_affichage_de_la_qualit%C3%A9_de_l%27air

Malheureusement, l’IMT ne disposait pas encore d’un espace sur son Campus en capacité d’accueillir un public extérieur. La construction d’un espace LabFab est en cours de concrétisation et devrait ouvrir en 2021. Un nouveau responsable de LabFab vient d’être recruté dans cette perspective.

Les membres du LabFab de l’IMT se rendent dans les autres espaces de fabrication numérique et durant les événements proposent des ateliers. Les OpenLab vont enfin pouvoir se structurer dans ce nouveau lieu, et la fabrication numérique et toutes ses pratiques, notamment le prototypage va pouvoir s’ancrer plus encore dans l’enseignement de l’IMT. La formation d’ingénieurs s’adapte à notre société avec plus frugalité (itérations, surcyclage, sobriété by design, licence ouverte pour plus de modularité, etc). Ce nouvel espace LabFab sera accessible au grand public, et disposera d’un plateau d’une cinquantaine de mètres carrés. Dans l’attente de ce lieu, et en continuité avec l’activité historique de l’IMT, des ateliers pédagogiques sont en cours.

Les MooCs hybrides ont été développés à Rennes depuis 2015 et en collaboration avec d’autres centres de recherche. Ils ont rapidement rencontré leur public à travers le monde. En effet, l’originalité provient du format hybride qui ne laisse personne seul bloqué face à son écran. Participer à un MooC donne la possibilité de rentrer dans une communauté composée de professionnels et d’amateurs d’horizons très divers. Des rendez-vous réguliers sont organisés dans les LabFabs (ou en visio lors des phases de confinements).

En lien avec Pôle emplois et avec une dizaine de personnes volontaires en recherche d’opportunité professionnelle, la pertinence des MooCs hybrides a pu être expérimentée en distanciel et en présentiel dans les LabFabs rennais d’Octobre 2019 à Février 2020. Cette mise en application de MooC hybrides continuera à être mise en œuvre en début 2021 sur un nouveau sujet : l’énergie et les nanogrids.

 

L’EduLab Rennes 2 :

Cette année, l’EduLab Rennes 2 a encore proposé une programmation riche d’ateliers, en complément des ouvertures en OpenLabs tous les mercredis et les vendredis. Il s’agit d’un espace qui s’affirme dans la conception pédagogique avec une attention forte sur l’apprentissage collectif. Proposés à partir de la rentrée de Janvier, des ateliers ont concrètement été mis en œuvre au format workshop, visant à designer et créer des projets en petits groupes. Ce lieu permet aussi la réalisation de petits objets et donc d’y intégrer un travail sur la dextérité des apprenants. On peut noter, parmi ces projets, la couture de masques textiles au mois d’octobre, permettant aux étudiants d’apprendre des techniques de fabrication. Des recherches sur la captation de données environnementales ont conduit à proposer des ateliers pour réaliser des capteurs d’air intérieurs. Ensuite, des travaux ont porté sur des objets de visualisation de données environnementales, permettant de rendre tangible la donnée des capteurs environnementaux développés depuis quelques mois au sein du réseau des LabFabs.

Les contraintes liées au COVID ont obligé, dès le mois de Mars, à proposer des formats distanciels expérimentés durant le premier confinement en remplacement des ateliers présentiels prévus : ce format a permis d’élargir la participation et de réunir des maker.euse.s de différents territoires en France ; des personnes du Sud de la France, de l’Est, de tous les âges ont pu ainsi participer aux workshops proposés, rendant les échanges très riches grâce à cette diversité !

Au mois de Septembre, l’EduLab a aussi été impliqué, au titre du LabFab, dans l’évènement OpéraMorphose, organisé par l’Opéra de Rennes. Ce marathon créatif que l’on nomme aussi ReMix, a eu pour terrain de jeux l’Opéra et ses interactions avec le public. Il s’est tenu sur 72 heures, mobilisant une quarantaine de participants volontaires et aux compétences et profils complémentaires (professionnels, artistes, usagers, …). L’EduLab a ainsi pu accompagner techniquement les projets, afin de prototyper et rendre tangibles les idées issues de ce ReMix. Cette étape est fondamentale dans ce type d’événement lorsqu’il faut transformer les idées en prototypes. Les LabFabs sont alors très utiles avec leurs machines et leurs techniques pour précipiter cette transformation.

Lien vers OpéraMorphose: https://www.opera-rennes.fr/fr/participantes-et-participants

Le LabFab du Pôle Numérique Rennes Beaulieu (PNRB) :

Le LabFab du PNRB est resté fermé depuis Janvier 2020, à la suite de la dissolution de l’Université Bretagne Loire qui portait le projet de Laboratoire de Fabrication numérique. Pourtant cet espace, de 2016 à 2019, avait su trouver sa place grâce à des animations et une connexion à des laboratoires de recherche pour en être le lieu de prototypage.

La Pôle Numérique a été repris par l’Université Rennes 1. Le recrutement d’un.e LabManager est en cours, pour une réouverture annoncée du LabFab sur le premier semestre 2021. Des temps d’échanges sont à prévoir pour faciliter l’intégration de ce (re)nouveau LabFab dans le réseau.

 

Le LabFab de l’IETR:

Ce LabFab avait principalement suivi le projet de véhicule open source avec l’appui des autres membres du réseau. Depuis 2016, ce programme intitulé CampOSV, pour Open Source Vehicule, s’est construit grâce à l’organisation de différents hackathons. Ces événements ont permis de se connecter à une communauté mondiale et locale, de mixer des compétences d’une vingtaine de Labo de recherche, et de contribuer à identifier notre territoire sur l’innovation et les mobilités. Par exemple, en 2018, CampsOSV a eu lieu sur le site de PSA La Janais.

Ressources: https://camposv-labfab-ur1.ietr.fr/

Malheureusement, l’année 2020 n’a pas permis au regard des conditions sanitaires, de maintenir les évènements physiques. Mais des développements ont été réalisés au cours de l’année par chacun des contributeurs au projet. Ainsi, les projets de connectivité du véhicule, de visualisation d’un panneau de contrôle ont été développés à distance, dans cette logique de contribution ouverte.

À noter, le soutien attribué par Rennes Métropole, via l’enveloppe ITI FEDER pour concrétiser ce projet.

Le départ de la LabManageuse, Valérie Guichon, et relai du LabFab sur le projet CampOSV, fin 2020 amène à une réorganisation du projet. Des échanges auront lieu au début 2021 pour assurer la suite du projet.

 

Le Hub Epitech :

Après un réaménagement au cours de l’année 2019, le Hub Epitech a continué ses activités, en accueillant le public durant les OpenLab tous les Mercredis, en impliquant les étudiants à l’animation du lieu et à son développement, et aussi en s’appuyant sur les ressources du Hub pour le développement des projets étudiants.

Cette année a été marquée, pour le Hub Epitech, par la finalisation du projet ViaBird par les étudiants d’Epitech ou encore la participation au projet Narcisse du LabFab et d’ENEDIS.

 

Aussi, durant le premier confinement, le Hub s’est investi dans la création de visières, au même titre que les autres LabFabs, en distribuant les productions auprès des publics sur la commune de Pacé.

Source photo : epitech.eu

 

L’événementiel a été largement maintenu, en présentiel et à distance selon les contraintes de confinement.

Ces événements sont ouverts et l’agenda peut être consulté ici : https://openagenda.com/epitech?oaq%5Bwhat%5D=rennes&oaq%5Bpassed%5D=1&oaq%5Bcategory%5D=hub

 

L’Etrillet Fairtils à Bruz :

Le LabFab de l’Etrillet continue ses activités autour d’ateliers ou de stages autour de sujet liés à la nature. Ce lieu au Sud de la commune de Bruz dispose d’une large surface qui permet à des projets ayant une envergure physique importante de se développer. Par le passé des événements, notamment autour des LowTech, avaient été montés avec l’Etrillet.

La crise sanitaire a également fortement impactée les activités de l’Etrillet.

Il s’agit d’un projet privé, avec un partenariat mis en œuvre avec l’EESAB, autour du prêt d’une fraiseuse à commande numérique. L’EESAB reconfigure son projet de LabFab avec l’arrivée d’un LabFManager (cf paragraphe sur l’EESAB). De ce fait, ce partenariat est en train d’être revu.

Un programme est à reconstruire avec l’Etrillet sur l’année 2021 en envisageant de nouveaux formats aux activités si la crise perdure.

 

L’Atelier Partagé de Betton :

Le LabFab de Betton est ouvert depuis 2018. Dès l’ouverture du lieu, une cinquantaine de membres composait l’association. Il est porté par l’association l’Atelier Partagée qui continue à faire vivre cet enthousiasme initial tout en se structurant par la réalisation de nombreux projets. L’association tisse des liens avec des acteurs déjà inscrits dans l’écosystème local, par exemple, collabore avec la médiathèque de Betton, mais aussi, a ouvert un Repair Café. Des pistes nombreuses sont à explorer à l’échelle de la Métropole, notamment sur le surcyclage ou encore le prototypage de jardins partagés.

Source photo: Ouest-France

 

Ce modèle de LabFab dans une commune de la périphérie de Rennes est intéressant à observer. Il s’appuie sur l’impulsion d’une dynamique locale qui reste à accompagner. Le réseau LabFab est une opportunité pour détecter, mailler les initiatives et aider le développement de projets dans les communes de Rennes Métropole.

Les OpenLab sont ouverts le mardi, mercredi, jeudi et samedi.

 

My Human Kit :

L’association MyHumanKit a développé de nombreux projets cette année, en lien avec la crise sanitaire, mais aussi en continuité de leurs activités : des partenariats avec le Conseil Départemental d’Ille et Vilaine dans la sensibilisation à la fabrication numérique dans les collèges, un OpenLab tous les jeudis, une implication dans le développement du futur EduLab de l’Hôtel Pasteur, un partenariat avec les Réseaux Francophonex des FabLabs de l’Afrique de l’Ouest, …

L’association a organisé un nouveau Fabrikarium, hackathon de trois jours, en partenariat avec ArianeGroup. Il consiste à mélanger différentes compétences pour répondre au besoin d’une personne en situation de handicap. Ce Fabrikarium a fait se réaliser 4 projets (un exosquelette “pouce index” pour faciliter la saisie d’objets, un joystick adapté à toutes les forces, une machine à lire pour personnes malvoyante, ou encore un dispositif de mobilité douce en tricycle). L’ensemble des projets, comme pour les précédents fabrikarium, sont accessibles sur le wiki de l’association.

https://myhumankit.org/actualite/le-fabrikarium-my-human-kit-arianegroup-un-peu-plus-pres-des-etoiles/

 

L’Atelier Commun :

L’Atelier Commun anime des temps d’OpenLab tous les mercredis et le vendredi, et accueille les professionnels le lundi et le mardi. Situé au sein de l’atelier de la Belle Déchette, le lieu a développé une forte compétence autour du réemploi, et notamment, autour du recyclage du plastique, au travers du projet Precious Plastic (projet international visant à mettre à disposition des citoyens des machines de recyclage et les méthodes pour reproduire des objets à partir de plastiques recyclés).

L’Atelier Commun a ainsi développé récemment une méthode pour la réalisation de plaques de plastique issus de l’impression 3D, et pouvant être utilisées à la découpe laser.

Source : Atelier Commun

Ces expérimentations font partie d’un programme lancé fin 2020 par l’Atelier Commun, “écoFab”, visant à accompagner les acteurs de la fabrication numérique vers la transition écologique et l’économie circulaire à l’échelle de la Bretagne. Une première expérimentation, financée par Rennes Métropole, devait se lancer au travers d’un événement en Novembre dernier, repoussé du fait du reconfinement. Un lancement se prépare pour le printemps 2021.

LabFab de la Volumerie

Situé à mi-route entre Rennes et Saint-Brieuc, le LabFab de la Volumerie s’est spontanément raccroché au réseau LabFab, de par ses activités et partenaires.

Les connexions sont en cours avec les autres FabLabs sur le département des Côtes d’Armor (Lannion, Rostrenen, Saint-Brieuc, …)., en lien avec le Conseil Départemental. Les liens sont déjà importants entre les FabLabs en Bretagne, et la présence de réseaux sur les territoires permet de renforcer ces liens.

La participation de la Volumerie au sein du réseau LabFab est très active cette année encore.

En plus de l’animation d’OpenLab les mercredis et vendredis, le LabFab a participé avec l’EduLab à l’évènement OpéraMorphose en Septembre 2020. Comme tous les LabFabs, la Volumerie s’est engagée dans la production de visières solidaires lors du confinement des mois de Mars et Avril, en les distribuant aux commerçants et professionnels de Broons.

Malgré une année 2020 pouvant être compliquée, l’activité du LabFab de la Volumerie et de l’entreprise accueillant ce LabFab est très encourageante. Ce modèle de fonctionnement entre une entreprise et un lieu de fabrication numérique dans une commune rurale est à observer et plusieurs FabLabs en France s’en inspirent.

 

Comme un établi :

Le projet Comme un établi, initialement porté par une équipe de trois personnes, s’est concrétisé au cours de l’année 2019. D’une part, il rassemble déjà un grand nombre d’artisans à la recherche de modèles coopératifs pour développer collectivement leurs activités. D’autre part, les porteurs du projet ont souhaité s’inscrire dans la dynamique du LabFab persuadés des liens à consolider entre les Makers.euses et les artisans. Ensuite, cette coopération s’est traduite par la constitution d’une association dans laquelle sont impliqués les artisans et d’autres membres amateurs. Cette association préfigure une société coopérative et Rennes Métropole accompagne cette démarche au titre de son soutien à l’économie sociale et solidaire.

À l’origine, le projet était d’ouvrir un lieu pour et par les artisans. Un lieu de 1200m² a été acquis par les services de la Ville de Rennes, afin d’accueillir ce projet, et a été remis à l’association à la sortie du premier confinement en Mai dernier. Cet espace dispose d’un volume conséquent. S’en est suivi des travaux d’aménagement coopératifs, afin de permettre de recevoir et d’installer les machines, et surtout, aux artisans de prendre place au sein de l’établissement.

Différents pôles sont en cours de construction : pôle bois, pôle métal, salle dédiée au textile, espaces à établis. Le lieu abritera également des espaces communs : cuisine partagée, espace de coworking, salles de réunion, studio photo, salle de résidence et même un camion en location.

L’association s’est transformée en octobre dernier en société coopérative de type SCIC, permettant de partager la gouvernance du lieu et de l’entreprise, avec plus de 80 sociétaires. Aujourd’hui, une douzaine d’artisans travaillent dans le lieu, dans des domaines variés tels que : métallerie, menuiserie, charpente, ébénisterie, chaudronnerie, tapisserie d’ameublement, bijouterie et même une fabricante d’abat-jour !

D’abord ouvert aux artisans sociétaires, Comme un établi souhaite s’élargir à un large public en début 2021, suivant les évolutions des conditions sanitaires.

Les artisans résidents de Comme Un Etabli

La « Volière », la grande place de Comme Un Etabli avec ses murs en pans de bois traditionnels

Le MobiLab :

Projet lauréat de l’AMI Fabrique de Territoire, lancé en 2019, le MobiLab vise au développement de la fabrication numérique sur le quartier du Blosne à Rennes. Monté en partenariat avec Rennes Métropole et IDLV (porteurs du LabFab l’Atelier Commun), un LabFab itinérant s’est lancé en Septembre 2020, avec l’acquisition de l’ensemble du matériel (vélo, outillage, machines, …) et la rencontre avec les structures partenaires sur le quartier (écoles, Maison du Projet, …).

Le vélo cargo du MobiLab, pour aller au-devant du public.

 

Ralenti par le re-confinement, les mois de Novembre et Décembre ont été consacrés à investir un local dédié pour accueillir le public en OpenLab “fixe” sur le quartier du Blosne, en proximité des locaux de la Maison des Squares, et à définir la programmation pour l’année 2021. Plusieurs projets sont en train d’être écrits pour cette nouvelle année : création d’un kit de sérigraphie mobile avec des jeunes suivi·e·s par le CDAS avec une résidence de Macula Nigra, collaboration avec l’association Oodaq, animation avec les Petits Débrouillards cet été, cycle d’initiation à la fabrication 3D à destination des filles et des femmes. Les habitant·e·s du quartier commencent à pousser la porte et à s’approprier ce nouveau lieu.

Là encore, le réseau du LabFab sera un atout pour multiplier les forces pour faire aboutir ce projet.

 

Lab’o Cesson :

Le Lab’o Cesson poursuit son activité en proposant des stages ateliers (modélisation 3D, impression, Fabrication de savon, Soudure à l’arc et électrode enrobée, …) et notamment via un partenariat avec l’association MyHumanKit. L’association a ainsi proposé sur l’année 2020 des ateliers d’initiation à la permaculture.

 

 

Le Lab’o Cesson anime une Repair Café. C’est un lieu où du matériel et des compétences sont mises à la disposition de tous, gratuitement, dans le but d’aider à réparer de l’électroménager, du matériel informatique, des vélos … Les bénévoles sont là pour aider. Les appareils repartent pour une nouvelle vie, évitant ainsi de générer des déchets inutiles.

Le Repair Café est gratuit et ouvert à tous. Tous les derniers mercredis de chaque mois de 18h à 21h, sauf exceptions (et contraintes sanitaires). Le Lab’o Cesson est officiellement membre du réseau des Repair Cafés.

Les EPN :

Ne pouvant ouvrir de manière fluide au public, les Espaces Publics Numériques de Bréquigny, de la Maison de Quartier La Touche et de la Bellengerais, ont été eux aussi perturbés par les contraintes sanitaires en 2020. Des OpenLabs ont été maintenus sur une partie de l’année, les mercredi après-midi et jeudi pour certains.

Coordonnées par l’association Bug, les Espaces Publics Numérique ont participé à la mise en place des vidéos “Fabrique!” publiée sur Youtube, mais aussi dans la concrétisation de projets communs (ViKart, Mangeoire connectée, …).

Vikart: le kart open source, fabriqué par les différents LabFabs et “customisable”.

 

 

D’autres projets en conception:

Plusieurs acteurs du territoire ont en réflexion ou en conception un projet de FabLab. La gestation est longue pour Rennes School of Business ou pour l’INSA. Il faut continuer à tisser des liens avec le LabFab pour identifier les opportunités.

Le Lycée de la Lande du Breil (agricole et horticole) s’est étendu en 2020 et intègre un espace d’idéation et d’expérimentations “The Land” sur son campus de Rennes – Beauregard. Le Directeur a été rencontré et des liens devraient naturellement se construire avec le LabFab.

L’appel à projet IDE@L lancé par l’Université de Rennes, en interne, visant à financer de nouveaux lieux et de nouvelles méthodes d’apprentissages, pourra aussi favoriser l’ouverture de nouveaux LabFabs en Université. Les premières sollicitations de porteurs de projets témoignent d’un intérêt pour le monde universitaire de développer des liens avec le LabFab et les compétences qu’on y retrouve.

The Land: Laboratoire et espace d’idéation

2. Les actions collectives du labfab étendu

    • La structuration du collectif, de l’association et de la démarche :

Le service numérique de Rennes Métropole, par sa coordination, s’appuie sur les trois organes (les lieux, les leaders de compétences, l’association LabFab) afin de structurer la démarche du LabFab étendu sur le territoire de Rennes Métropole. Cette démarche est singulière car aucun autre territoire excepté Barcelone, n’a positionné son intervention à ce niveau. Les territoires soutiennent généralement un ou deux espaces de fabrication numérique. Sur Rennes Métropole, l’intensité est mise sur le collectif.

Pour que le dispositif fonctionne, il faut des éléments communs. L’ensemble des processus qui font l’articulation du LabFab sont constamment en cours d’évolution, pour donner au réseau une agilité et lui permettre de se développer. La dynamique est ainsi coordonnée par le Service Numérique de Rennes Métropole pour constituer un projet de territoire visant à développer les pratiques numériques.

  • Les LabFabs :

Le réseau du LabFab étendu regroupe 16 lieux affilés à une charte. Cette charte, à l’initiative de Rennes Métropole, permet de rassembler une pluralité de structures qui portent ces lieux. Chaque projet s’inscrit dans la globalité du dispositif au bénéfice d’un projet de territoire et les actions engagés par chacun se complètent. Tous ces lieux sont un atout pour notre territoire pour mettre en capacité un maximum de citoyens par la fabrication numérique, pour collaborer à la co-construction de projets à la recherche de résilience (énergie, matière, espace, temps, compétences, …). Ils s’engagent collectivement dans des actions de médiation numérique par la pratique (Faire).

Chacun des lieux signataire de cette charte avec Rennes Métropole peut donc bénéficier de la dynamique collective.

Chacun de ces lieux développe son propre modèle économique, et reste souverain sur ses activités : Rennes Métropole étant facilitateur dans leurs démarches, dans la recherche d’un modèle économique, dans la mise à l’échelle des projets ou encore dans la coopération avec des LabFabs ou structures du territoire et d’ailleurs.

La charte du LabFab: http://www.labfab.fr/wp-content/uploads/2017/01/Charte-Affiliation-LabFab-2017.pdf

 

  • Les LabManagers, le collectif :

Les LabManagers (ou Responsables d’animations d’un LabFab) sont employés par les structures qui hébergent l’espace de fabrication numérique. Une animation par le Service Numérique depuis une dizaine d’années a permis de constituer un collectif avec les LabManagers. Ces personnes physiques, de par leurs responsabilités professionnelles, sont engagées dans leur projet de LabFab et dans le LabFab étendu (maillage de LabFabs).

Les LabManagers sont très compétent.e.s et volontaires allant jusqu’à s’engager très souvent sur leur temps personnel, pour promouvoir et mettre en pratique des projets de Fabrication Numérique sur le territoire, en continuité de leurs activités professionnelles. Ils coopèrent activement dans les initiatives lancées par Rennes Métropole et  sont les relais de proximité lors des différentes manifestations: Ateliers, marathons créatifs, événements “grand public”, …etc.

  • L’association :

À l’initiative des LabManagers, une association LabFab a été créée en 2017. Cette structure, qui regroupe uniquement des personnes physiques travaillant dans les LabFabs, à deux buts :

  • permettre la mise en place collective de partenariats avec de grands groupes ou associations du territoire avec l’entité “LabFab étendu”. Ce type de partenariat ne serait pas envisageable à l’échelle d’un seul LabFab.
  • faciliter la mise en œuvre des projets des LabManagers, en permettant aux membres d’acheter en ligne ponctuellement du matériel à l’étranger, sur validation collégiale, permettant plus d’agilité que les processus internes habituels des structures hébergeant des LabFabs.

L’association LabFab perçoit uniquement ses ressources de partenariats avec des acteurs économiques qui souhaitent participer à des événements de type ateliers de fabrication numérique ou marathon créatif. Ces acteurs peuvent également apporter des ressources concrètes comme des équipements, de la matière (physique ou immatérielle comme des données) ou des expertises. Cette structure associative n’a aujourd’hui pas vocation à développer une activité économique et vendre des prestations. Elle n’a pas de dépenses de fonctionnement importantes (excepté l’achat de petit matériel partagé ou de composants pour un atelier, de frais de déplacements pour représenter le LabFab par ses membres).

Cette association n’est pas financée par Rennes Métropole. Les LabManagers sont des interlocuteurs du Service Numérique de Rennes Métropole dans le cadre de développement de partenariats, pour la mise en place de projets qui impliquent de nombreux LabFabs.

Le LabFab porte par exemple la programmation des ateliers de construction des capteurs citoyens sur la qualité de l’air. Le contenu pédagogique a été co-développé par plusieurs LabFabs selon leurs champs de compétences. L’éditorialisation du programme en lien avec d’autres acteurs (MCE, AirBreizh, Petits Débrouillard, …etc) par exemple, est porté au niveau du LabFab étendu.

Les évènements de type “marathon créatif” ou ReMix sont également porté au niveau du LabFab étendu pour bénéficier d’une plus large audience, d’un maximum de compétences et de ressources dans les communautés de chacun des LabFabs.

L’association regroupe aujourd’hui 20 membres fortement impliqués dans la vie du LabFab étendu de par leurs activités professionnelles et leur passion pour la fabrication numérique.

Les structures suivantes sont représentées: L’atelier partagé de Betton, Comme un établi, Indiens dans la ville, HumanLab, association BUG, Epitech, IMT Atlantique, Universités Rennes 1 & 2, Etrillet, La Volumerie, EESAB, LabO Cesson, Maisons de quartiers de Rennes (Le Blosne, La Touche, Maurepas, Bréquigny …).

Le Bureau de l’Association LabFab est représenté par : Bérengère Amiot, Présidente de l’association, Baptiste Gaultier, Vice-Président, Laurent Mattlé, Trésorier et Richard de Logu, Secrétaire.

 

  • ROLE ET FONCTION DE RENNES METROPOLE

Chacun de ces lieux développe son propre modèle économique, et reste souverain sur ses activités : Rennes Métropole étant facilitateur dans leurs démarches, dans la recherche d’un modèle économique, dans la mise à l’échelle des projets ou encore dans la coopération avec des LabFabs ou structures du territoire et d’ailleurs.

Du temps est consacré à la coordination par le Service Numérique pour faire correspondre les projets à des enjeux territoriaux.

Une animation par le Service Numérique depuis une dizaine d’années a permis de constituer un collectif avec les LabManagers.

Un soutien financier est apporté pour des événements qui fédèrent les LabFabs, par exemple pour Fabrique! ou encore pour acquérir des machines qui serviront à l’ensemble des partenaires (exemple: soutien à l’EESAB et à BUG).

 

  • Action des makers.euse.s durant le COVID

La crise sanitaire a fait apparaître brutalement des besoins en protection individuelle comme par exemple des visières ou des masques. Les Makers à travers le monde ont rapidement mis à disposition des plans en licence libre d’équipements validés par des autorités sanitaires.

Les FabLabs et les Maker.euse.s se sont mobilisés pour commencer à produire des pièces en impression 3D juste avant le confinement mi-mars. La date du confinement a provoqué une forte accélération des demandes pour les métiers exposés.

Des collectifs se sont montés sur les réseaux sociaux et en s’appuyant sur les communautés pré existantes (LabFab, Réseau Français des FabLabs, ou encore en Bretagne les très nombreux FabLabs).

Le collectif “Makers contre le Covid – 35 – Ille et Vilaine – visières et masques solidaires” a ainsi vu le jour le 20 mars 2020. Il permet de recenser en Ille-et-Vilaine les producteurs (FabLabs, Makers) et les demandeurs (métiers exposés). De cette coordination, au travers d’un formulaire d’inscription pour les maker.euse.s souhaitant mettre du temps d’impression 3D à disposition, a permis de définir des zones géographiques sur le département de l’Ille et Vilaine.

Sur le reste de la Bretagne des mouvements similaires se sont montés. Le LabFab s’est mis en lien avec les différents acteurs et notamment les “têtes de ponts”: Brest, Lannion, Auray, Lorient, Concarneau. Aussi, une coordination nationale a été organisée pour documenter et partager les pratiques (plan 3D, validation, prototypes, …). Le Réseau Français des FabLabs (RFF) a nommé un référent par Région. En Bretagne, celui-ci est issu du LabFab. Des échanges ont alors eu lieu avec plusieurs Régions pour bénéficier de leurs expériences (Normandie, Occitanie) et pour partager nos expériences (Grand Est, Ile de France).

Ce mouvement spontané et très généreux de Maker.euse.s doit cependant rester temporaire pour pallier dans l’urgence avec agilité et rigueur aux manques de protections individuelles. Il a donc fallu accompagner une démarche vers les industriels pour faire face aux volumes à produire. Dans ce but, la Région Bretagne a confié à BDI (Bretagne Développement Innovation), la mise en œuvre d’une plateforme numérique recensant l’ensemble des professionnels en capacité de produire via l’impression 3D ou le découpage laser que nous connaissons dans les FabLabs.

Afin de soutenir cette production et l’ensemble de la logistique bénévole, la Région Bretagne a apporté un fonds en soutien aux Maker.euse.s de 30000 euros. Les têtes de réseaux en lien avec les FabLabs et les Maker.euse.s ont perçu ce fonds afin de le redistribuer intégralement. Une répartition géographique s’est organisée en région : 7500 euros pour l’ENSTA de Brest, pour les collectifs finistériens, 7500 euros à la Fabrique du Loch d’Auray, en lien avec les collectifs morbihannais, et 15000 euros à l’association LabFab, en lien avec les collectifs brétilliens et costarmoricains.

Cette coordination a ainsi permis d’anticiper deux enjeux principaux :

  • la pénurie mondiale de matière première (PLA : plastic pour impression 3D), la gestion du stock de matériaux (filaments, tissus) pour les Maker.euse.s, avec une tension forte en raison de la demande brutale à l’échelle nationale et européenne, en passant une commande groupée de matières pour les collectifs et en régulant la distribution (à 2 niveaux: sur le flux et pour éviter une inflation en maintenant un tarif unique en région),
  • le lien avec les acteurs économiques pour assurer le passage à une échelle de production largement supérieure.

 

Le passage à l’échelle s’est opéré au cours du mois de Mai, où des industriels locaux ont pris la main sur des productions massives de visières. On a alors vu opérer une mutation des collectifs de couturières vers la constitution d’entreprises (coopératives), afin de répondre collectivement à des commandes de masques.

Cette production, distribuée, a mis en lumière et en application les principes de la FabCity, mouvement international dans lequel Rennes Métropole et le LabFab sont inscrits. La maturité des réseaux de ces Maker.euse.s a permis cette réactivité face à la crise. C’est sans aucun doute le résultat du travail mené depuis 10 ans maintenant par les pionniers fondateurs du réseau LabFab.

 

  • Les projets structurants
    • Les MooCs:

Les premiers MooCs sur la fabrication numérique ont été initiés par l’IMT Atlantique et des membres du LabFab. Ce parcours se décompose aujourd’hui en 6 MooCs articulés entre –eux.

En quelques chiffres, depuis 2015 :

  • 5 ans que le premier MOOC FabNum a vu le jour,
  • 210 000 inscrits aux MOOC de la Fabrication Numérique (chiffres datant de janvier 2020),
  • 20 000 attestations délivrées (~10%, où la moyenne des MooCs se trouve plutôt vers 5%),
  • 6 MOOC dont un en anglais,
  • 180 certificats émis sur la partie hybride (MOOC + ateliers présentiels).

 

Dans la continuité, un MooC pour apprendre à modéliser en 3D avec Freecad a été conçu, développé et mis en œuvre par l’EESAB-site de Rennes, l’IMT Atlantique, d’autres membres du LabFab et une communauté de développeur.se.s open source. Ils ont travaillé de concert pour concevoir un cours en ligne pour maîtriser le logiciel FreeCAD.

Les apprenant.e.s ont été guidé.e.s pas-à-pas dans le logiciel. Les modèles 3D sont tous issus de diplômé·e·s en design de l’EESAB.

Fin 2019, le MooC est passé  en phase de test avant d’être rendu public. La première session du MooC s’est achevée en janvier 2020; le MooC  a connu un succès inespéré, bien supérieur aux autres MooCs de la fabrication numérique de la même collection.

Teaser: https://vimeo.com/375662014

Quelques chiffres:

  • 8146 inscrits
  • 1733 ont installé Freecad
  • 1320 ont obtenu une attestation de suivi soit 16,20 % quand il est estimé qu’un MooC est très efficient aux alentours de 10% de réussite.

 

La suite en 2020 : Le MOOC a été conçu dans une logique de formation hybride – D’abord le MooC puis pour quelques inscrits la formation en présentiel au LabFab de l’EESAB avec l’accès aux machines. D’autres labFabs pourront aussi accueillir des sessions. Les conditions sanitaires Covid19 n’ont pas facilité la mise en œuvre des séances.

La formation en présentiel intègre l’offre de formation continue de l’EESAB, le dossier est en cours d’inscription.

Il est à noter que ce MooC pour modéliser avec FreeCad bénéficie d’un soutien Européen via les fonds ITI FEDER attribués à Rennes Métropole.

L’ensemble de ces MooCs sont le support pour développer de nouvelles pédagogies, que ça soit en les pratiquant à distance, ou alors, en les hybridant dans les lieux de fabrication numérique.

Source photo : Rennes Métropole

C’est l’expérimentation qu’a réalisé l’IMT de Septembre 2019 à Février 2020 à Rennes, en développant des MooCs hybrides à destination de 12 personnes, dont la moitié en situation de chômage et bénéficiant de la formation dans le cadre d’une réinsertion, recrutés grâce à la participation de WeKer (réseau des Missions Locales) et Pôle Emploi.

La formation proposée par l’IMT-Atlantique s’appuie sur une approche pédagogique innovante, alternant cours en ligne grâce aux MOOC suscités et ateliers présentiels de mise en pratique dans des FabLabs.

L’intérêt de s’appuyer sur le parcours présenté ci-dessus est de pouvoir offrir au plus grand nombre une formation en ligne offrant un tour d’horizon des technologies et méthodologies de la fabrication numérique mais également, en s’appuyant sur le réseau du LabFab étendu de Rennes métropole, d’enrichir les MOOCs avec des ateliers présentiels, permettant de revenir sur les concepts évoqués à distance, grâce aux outils en ligne, et de prendre en main les machines de la fabrication numérique (découpeuse laser, imprimante 3D, électronique, …).

L’IMT Atlantique a proposé ce projet en 2017 auprès de Rennes Métropole, et est soutenu par l’Union Européenne, la Région Bretagne et Rennes Métropole dans le cadre de l’ITI FEDER 2014-2020.

 

  • Capteurs citoyens

Depuis le printemps 2018, le LabFab a animé une trentaine d’ateliers avec entre 5 et 15 participants pour fabriquer un capteur de mesure de paramètres liés à la qualité de l’air. L’année 2020, malgré les conditions peu favorables, a vu une accélération de cette démarche pour s’élargir à l’échelle de la Bretagne.

Pour mémoire : http://www.labfab.fr/faire-son-capteur-et-ensuite/ 

Le modèle construit s’appuie sur le capteur Sensor Community (anciennement Luftdaten).

Ce modèle est libre et convivial car assez simple à assembler. Cet atelier au-delà de l’objet réalisé, est surtout un prétexte pour rencontrer et engager un échange avec des citoyens qui se posent des questions sur le numérique : “c’est quoi une donnée ?” “un objet connecté ?” “comment connecter un capteur ?” “comment visualiser les données ?” “et peut-on les partager ?” etc.

Les résultats en termes de données produites sont directement visualisables sur une carte:

https://rennes.maps.luftdaten.info/#8/48.160/-2.927

Les données sont simplement ré exploitables via une application (API).

Fort de toutes ces expériences de médiation durant l’animation des ateliers, les techniques pédagogiques ont pu être améliorées.

Les ateliers ont été observés par des chercheurs sur la “captologie citoyenne”. Leurs regards ont éclairés et confortés sur la nécessité d’ouvrir très largement les ateliers du LabFab à une diversité de profils. La qualité pédagogique se renforce en puisant dans la diversité des participants les complémentarités à articuler entre elles et qui produisent un apprentissage collectif.

Le LabFab a été sollicité pour rejouer les ateliers de construction de capteurs environnementaux, en Bretagne avec plusieurs partenaires. L’échelle régionale est pertinente sur cette thématique.

Les territoires sont particulièrement intéressés par cette approche pédagogique sur le numérique et par les objets et données produits. Compléter la carte par de nouveaux capteurs permettra d’apporter une connaissance plus précise des caractéristiques de l’air en Bretagne, notamment des déplacements de particules fines. Ces capteurs et données ouvertes seront donc bénéfiques à tous … c’est le principe des communs

Grâce à ces capteurs Low Tech et Low Cost (basse techno, bas coût), le LabFab a pu commencer à hybrider des approches diverses entre les experts historiques sur l’analyse de l’air et des néophytes qui rentrent avec beaucoup de bienveillance dans la démarche. Car la qualité de l’air concerne tout le monde, et particulièrement les personnes les plus vulnérables.

Lorsque le 1er capteur a été installé début 2018, il n’y avait aucune réelle garantie sur la fiabilité des mesures et donc des données. Aujourd’hui, plus de 2 ans après, et avec plus d’une vingtaine de capteurs installés par des citoyens sur Rennes Métropole, la qualité des mesures a pu être validée. L’ouverture de ces données fait également réagir les acteurs historiques qui se doivent de se saisir de cette multitude de sources de captations. Ils doivent aussi penser l’ouverture de leurs données pour permettre des conjugaisons avec les données produites par les capteurs citoyens. Il faut passer dans un mode où les institutions font avec les citoyens. Les ateliers permettent cette mise en  capacité de citoyens et de territoires pour co-produire avec les institutions. Il est donc important de diffuser cette démarche avec une attention particulière en matière de cohésion territoriale à l’échelle de la région car c’est une dimension géographique qui a du sens.

La MCE de Rennes (Maison de la Consommation et de l’Environnement) qui anime la page du Wiki Rennes Métropole sur les capteurs environnementaux a souhaité participer à cette démarche étendue à la Région Bretagne. Car, il subsiste des secteurs non équipés en capteurs et notamment au centre Bretagne.

L’Agence Régionale de Santé accompagne cette démarche au travers d’un soutien adressé à la Maison de la Consommation et de l’Environnement.

Le TiLab (laboratoire d’innovation publique régional) est partenaire. Car cette démarche est un terrain pour promouvoir l’innovation publique en Bretagne. Cet atelier est très apprécié par les agents des collectivités car il permet d’aborder par la pratique des notions fondamentales du numérique: Les données, les objets connectés, les licences ouvertes, et aussi les processus de design d’objets et de services et les usages induits. En 2021, le TiLab accueillera des séances d’ateliers capteurs.

A l’automne 2020, un programme d’ateliers avait été établi avec une quinzaine d’acteurs territoriaux (collectivités, associations, établissements d’enseignement) qui s’occupaient d’inviter les participants.

Les ateliers qui se sont déroulés en présentiel:

  • Janzé (35) , le Jeudi 27 Août, à la Fabrique Janzé ;
  • Iffendic (35), le Dimanche 13 Septembre, au Lac de Trémelin ;
  • Auray (56) , le Jeudi 1er Octobre 18h30, à La Fabrique du Loch ;
  • Quimper (29), aux Portes Logiques, le 6 octobre 18h30;
  • Concarneau (29), au Konk Ar Lab, le Jeudi 8 Octobre ;
  • Vitré (35), au FabLab Le Five, le jeudi 22 octobre …

De nouveaux capteurs sont apparus sur la carte et apporteront une précision supplémentaire à l’ensemble des mesures.

Les autres ateliers fin 2020 (Broons, Morlaix, Pontivy, Baud, Rennes, Saint-Brieuc, …) ont été reportés en raison de la crise sanitaire et des mesures de confinement.

Pour commencer à engager d’autres formats face à cette crise qui dure, un atelier exclusivement en ligne a été testé le 15 décembre 2020. Les composants des capteurs avaient été adressés par colis à la dizaine de participants. Ils ont pu être assemblés durant la séance. Cet exercice est riche d’enseignements sur la pédagogie à adapter. Il faudra poursuivre cette démarche en 2021.

Article sur le site du LabFab: http://www.labfab.fr/atelier-capteurs-environnementaux-en-distanciel/

  • Badges numériques – Badges.bzh

Un badge numérique (aussi appelé open badge) est un dispositif numérique qui se présente sous forme d’icône et qui est utilisé pour confirmer l’acquisition d’aptitudes, de connaissances ou de compétences, en particulier dans le domaine de l’enseignement en ligne.

Une réflexion est apparue suite aux ateliers du LabFab pour valider les compétences acquises par les participants et inciter les organismes partenaires du LabFab à proposer des ateliers et élargir vers un plus large public.

L’ITI FEDER permet à Rennes Métropole de soutenir des projets numériques. L’association Bug a donc présenté une initiative pour promouvoir les badges numériques avec la création d’une plateforme internet.

Durant l’année 2020, l’association Bug a mis en œuvre la plateforme de badges numérique Badges.bzh.

Ce site internet permet d’une part de recenser tous les badges délivrés par les organismes partenaires  du LabFab et de l’association Bug à Rennes. C’est donc un catalogue qui donne une cartographie des ateliers existants sur la fabrication numérique. Cette vision globale permet de réfléchir aux complémentarités entre les acteurs proposants des ateliers, de visualiser les manques et d’envisager de nouvelles formations.

Pour les apprenants, ce site permet de se construire un parcours en consultant les différents ateliers proposés et en étant motivés par l’acquisition progressive de badges. Les badges sont attribués aux apprenants par les initiateurs des formations proposées.

On imagine que la plateforme va être alimentée par de nouvelles formations par des professionnels et des bénévoles associatifs, et aussi des citoyens usagers du LabFab qui auraient acquis une expérience par la participation à plusieurs ateliers.

Une modération est donc nécessaire par l’association Bug avec l’appui des autres membres du LabFab, pour accepter les nouvelles formations qui déclencheront des badges.

À fin 2020, plus d’une cinquantaine de badges sont accessibles grâce à une dynamique partenariale avec les membres du LabFab, les FabLabs de Janzé, Fougères et Vitré, et d’autres à venir.

 

  • Fabrique! et la chaine vidéos lancée en 2020

Tous les ans, l’association Bug porte l’organisation de l’évènement Fabrique! avec l’ensemble des acteurs du LabFab étendu. Cet évènement, en plein air, se déroule depuis 2017 sur trois jours de septembre, du vendredi au dimanche. Il vise à faire connaître le Faire et le numérique sous toutes ses formes, et, généralement sans écran : construction d’objets en papier ou en bois, assemblage d’électronique, artisanat, …

Cet événement permet de sortir des LabFabs pour montrer à un plus large public les réalisations de l’année en cours. Il a aussi la vertu de faire se croiser pendant 3 jours les membres coordinateurs du LabFab, et donc de provoquer des échanges souvent très fertiles annonciateurs de futurs projets.

Cette année, avec la crise sanitaire, il n’était pas envisageable de programmer un évènement rassemblant plus de 3000 personnes sur l’esplanade Charles de Gaulle de Rennes. Différents scénarios ont été alors envisagés.

L’association Bug a proposé, pour cette année, la réalisation d’un ensemble de vidéos démonstratives de la fabrication numérique ou du numérique hors des écrans. Un parcours d’une dizaine de vidéos sont publiées, et, pour certaines, en cours de publication sur la chaîne YouTube du LabFab. Les LabFabs peuvent proposer des ateliers et sont accompagnés dans le montage vidéo par le kit fourni par Bug. Le but est de multiplier les vidéos, avec un socle commun de conception pour garantir une qualité et un format éditorial, et donc permettre aux apprenants de se construire un parcours de formations.

A ce stade, ce parcours reprend alors des détournements d’assemblage de Lego pour recréer de nouveaux jouets, les rudiments de la découpeuse laser, l’assemblage de robots en carton, … . Il s’agit durant cette période de confinement de maintenir la dynamique de l’évènement Fabrique! et permettre à tous de Faire chez soi et donc de continuer à pratiquer et apprendre.


* article sur le Vikart: http://www.labfab.fr/fabriquer-kart-open-source-tester-durant-fabrique/Dans la continuité de cette action, et en appliquant les contraintes sanitaires actuelles, l’association Bug a mis en œuvre des activités à destination des enfants durant les vacances de Noël. Des ateliers sur le ViKart (kart open source à fabriquer chez soi ou dans un LabFab *) et sur la fabrication numérique ont été assemblés avec la Direction Éducation Enfance de la Ville de Rennes, pour les enfants des centres de loisir. Là encore, la chaine vidéo offre de nouvelles possibilités à explorer avec le réseau LabFab et les acteurs de Rennes Métropole et d’ailleurs.

 

  • Le jeu de cartes FabCitizen

Pour mémoire, Rennes Métropole est devenue FabCity en 2019: http://www.labfab.fr/retour-sur-le-fabcity-summit-du-19-et-20-juin-2019/

L’Association Bug pour le LabFab a poursuivi la production d’outil de médiation sur la FabCity avec par exemple, un jeu de cartes pour découvrir ce concept sur la résilience des villes.

Principe du jeu : un premier cercle de joueurs avec des cartes principales (et obligatoires) décident  de mettre en oeuvre une FabCity. Ils sont rejoints par un second cercle avec des cartes complémentaires. Tous les participants ont pour but de définir un programme d’action dans les villes qui permettra de mettre en évidence et en actes des engagements et projets  de la FabCity: Habitat, Alimentation, Mobilité, Numérique, Éducation, Économie…

Après plusieurs séances de design, 42 cartes ont ainsi été créées par les salariés et bénévoles de l’association BUG et élaborées avec les graphistes rennais Pollen Studio.

Ce jeu permet de faire connaître le concept de FabCity et de s’y projeter en jouant. Car l’idée de tendre vers une cité « localement auto-suffisante et globalement connectée » fédère de plus en plus d’urbanistes technophiles, d’entrepreneurs éthiques, de politiques et de citoyens.

Des échanges ont déjà eu lieu avec plusieurs territoires pour présenter ce jeu durant des hackathons en France et ailleurs. Si l’événement FabCity Summit est maintenu à l’été 2021 à Montréal alors il est prévu que le jeu soit en démonstration: https://summit.fabcity-montreal.quebec/accueil/

 

  • DataMix² et le partenariat avec ENEDIS

En 2020, ENEDIS et le LabFab ont noué un nouveau partenariat, dans la continuité des années précédentes et avec des conditions très particulières pour prototyper des projets en format ReMix.

Un ReMIx prend la forme d’un sprint de prototypages de projets sur une thématique, comme MaisonMix (Les objets connectés dans la maison), MetroMix (Mieux se déplacer à l’ère numérique), … Il s’agit de faire émerger des idées et de les mettre en œuvre concrètement pour rapidement les tester auprès de potentiels utilisateurs. Les machines et compétences présentes dans les LabFabs sont donc essentielles pour prototyper.

 

Lors de la 1ere édition de DataMix, fin 2019, durant 2 jours de créativité, une trentaine de participants s’étaient rencontrés à l’Eclozr pour  prototyper des projets autour des données d’énergie afin d’inciter à optimiser nos consommations.

Issu d’un partenariat en le LabFab de Rennes Métropole et Enedis, cet événement a demandé plusieurs semaines de préparation pour faire converger et participer activement des ressources très diverses. Les participants venaient également de divers horizons: grands groupes (dont une dizaine venant d’Enedis), d’entreprises, d’associations ou collectifs et des étudiants. À partir de l’enjeu de réduire nos consommations d’énergie, quatre thématiques ont émergé: Habitat, Mobilité, Rural, Urbain. Pour chaque thématique, une équipe accompagnée de coachs avait pour but de générer des idées pour permettre de passer aux prototypages en petits groupes et donc de rendre tangibles des projets. Pour cela, le LabFab avait mis à disposition son espace dédié à la Maison des associations ainsi qu’un FabLab manager.
Les projets sont documentés en licence libre sur le Wiki Rennes Métropole : http://www.wiki-rennes.fr/DataMix

Quelques jours après DataMix, les projets et méthodes d’idéations ont été présentés durant la DigitalTech du Poool, FrenchTech Rennes St Malo. Les 4 projets ont séduit les visiteurs et ils vont être poursuivis dans leurs développements. Un des projets dont l’objectif est d’apporter une information aux habitants sur la proportion d’énergie renouvelable dans son électricité, a suscité un intérêt très prononcé chez Enedis. Début 2020, ce projet a été  amélioré dans un LabFab dans l’optique d’un déploiement chez des habitants volontaires avant l’été 2020.

Ces projets ont été temporairement stoppés avec la crise COVID en mars 2020. Les Maker.euse.s se sont mobilisés durant cette période pour palier à des manques d’équipements de protection ou concevoir des adaptations sur des appareils de santé, avec beaucoup de générosité et de rigueur. Cette formidable énergie collective et l’organisation induite a donné une visibilité nouvelle aux Maker.euse.s et à leurs pratiques.

Confortés dans leur démarche partenariale, le LabFab et Enedis ont souhaité relancer DataMix en se focalisant sur la Sobriété Numérique.

L’expression « sobriété numérique » promeut la démarche selon laquelle il faut concevoir des supports et services numériques plus écoresponsables (fabrication d’équipements, consommation d’énergie, durée de vie, matériaux, recyclage) et inciter les utilisateurs à modérer leurs usages quotidiens du numérique.

Comment passer de l’état de conscience à celui d’action ?

Car le numérique est un formidable espace qui ouvre un immense champ des possibles pour les organisations et les individus, d’autant plus si on apprend à l’utiliser avec sobriété et avec ses valeurs.

En tenant compte des incertitudes liées aux conditions sanitaires, la seconde édition de DataMix a été imaginé bien en amont. Courant Juin le calendrier a été ébauché en intégrant un temps de préparation plus long et deux jours de concrétisation des prototypes les 3 et 4 décembre. Et donc, la thématique 2020 est la sobriété numérique.

Finalement, compte tenu du contexte sanitaire, l’événement commun ne s’est pas du tout fait en présentiel. La phase de préparation a été encore plus fondamentale afin de d’identifier et connecter des ressources et futurs porteurs de projets. L’équipe d’organisation est coordonnée par le Service Numérique de Rennes Métropole. L’expérience acquise ces 5 dernières années durant plusieurs ReMix a été fort appréciable.

Temps d’échanges en visio durant DataMix²

À noter: l’équilibre dans la mixité femmes/hommes a largement été atteint sur la quarantaine de participants à DataMix². Les FabLabs sont encore souvent perçus comme des repaires pour jeunes hommes au profil “Geeks”. Même si c’est parfois le cas, et que les “Geeks” sont toujours très bien venus, ce cliché tend à s’estomper.  Depuis son lancement, le LabFab a toujours mis en œuvre des actions pour favoriser la participation des femmes (et de tous) dans les projets liés à la fabrication numérique. Toutes les diversités, dans l’esprit bienveillant de la charte LabFab, sont d’ailleurs sources potentielles de créativité, et donc d’innovation. Pour que le LabFab se régénère au fil de ces projets, il convient de continuer à porter une attention particulière sur l’ouverture et l’accueil de nouveaux participants de tout horizon.

DataMix² : en action du 16 Novembre au 4 Décembre 2020.

Cette année, des étudiants (Stage301) sont mobilisés à partir du 16 novembre afin de monter en compétence sur la transition croisée numérique et écologique et donc prendre très concrètement et localement en considération les questions de sobriété.

Les visites (DataCentre, Smile, LabFab, …) prévues ont dû être ajournées. Cela étant, les contacts pris en amont seront à l’avenir des ressources utiles pour prolonger les projets. Plusieurs acteurs économiques ont rejoint la démarche: Lacroix-Sofrel, Altice-SFR, Digitaleo, Ackl.io, …

L’intensité est mise sur les partages d’expériences avec des entreprises déjà engagées sur la sobriété numérique. Lors des phases d’analyse, plusieurs entreprises ainsi que Le Poool ont indiqué leur intérêt pour produire des ressources pédagogiques et notamment des éléments de communication afin:

  • de mieux engager leurs collaborateurs sur cette thématique,
  • de développer des écosystèmes collaboratifs entre les acteurs économiques pour plus de sobriété numérique,
  • d’accompagner un plus large public pour comprendre les données énergétiques afin d’agir pour mieux gérer leurs consommations,

Des experts Enedis ont animé des ateliers pour décrire la gestion des données avec Linky. Cette matière “brute” est à travailler car aujourd’hui, ces données ne sont quasiment pas exploitées. Il faut mettre en scène ces données pour construire un récit dont les citoyens seront les acteurs. C’est tout l’enjeu de ce DataMix !

Source photo: Baptiste Gaultier

En déroulant, les phases d’un ReMix, les participants engagent leur réflexion à partir de l’enjeu: Sobriété Numérique. En apportant des séances d’idéation, de design et de prototypage, des potentiels usages révélés et il convient de les challenger par itérations avec différents profils de testeurs.

Comme durant la 1ere édition de DataMix, les Consometers (collectif citoyens actif sur les données de consommation d’énergie) ont pu apporter leurs expériences utilisateurs et de développeurs de solutions. Des designers et des chercheurs (IMT) ont également accompagné la démarche.

Un temps de lancement, le 5 novembre, a permis de coordonner les ressources et ébaucher la conduite des projets.

Toutes ces ressources ont pu construire ensemble des parcours de prototypages à partir des idées qui ont émergées des participants. Ils ont été répartis en quatre défis :

  • Fabrique ta TIC (utilisation des données Linky, TIC: Télé Information Client),
  • Kit pédagogique pour l’entreprise sur la sobriété numérique,
  • Représentation visuelle et artistique des données de consommation d’énergie,
  • Badge de compétence “sobriété numérique”.

Chaque défi est porté par une équipe mixte (compétences diverses) et animées par des coachs. Les participants ont su faire preuve d’agilité pour continuer à concevoir et prototyper des solutions improbables au service des enjeux autour de la sobriété numérique. Et les coachs ont adapté leurs techniques d’animation en distanciel.

Les LabFabs étaient mis à disposition via leur Managers. Ils ont pu concevoir et réaliser les objets preuves de concepts.

Une documentation des projets est réalisée sur le Wiki de Rennes Métropole : http://www.wiki-rennes.fr/DataMix2

Le vendredi 4 décembre, les 4 équipes ont présenté leur prototype lors d’une restitution en format visioconférence. Les résultats, à ce stade de prototypage, sont très encourageants. Les quatre projets disposent d’un réel potentiel. Ci-dessous les 4 prototypes présentés dans l’ordre de leur présentation durant la restitution en ligne de DataMix2:

Article produit par le groupe Lacroix-Sofrel qui a participé activement à DataMix: https://fr.lacroix-group.com/smart-stories/innovation-fr/datamix-un-evenement-digitalise-qui-met-a-lhonneur-linnovation-collaborative/

Encore un bel exemple de projets issus d’un coopération entre des acteurs économiques , des associations et des étudiant.es !

3. Et demain ?

L’année 2020 avec sa crise sanitaire a bouleversé les projets du LabFab et de ses membres. Malheureusement, l’issue de cette crise n’est probablement pas immédiate. Cette période demande encore plus d’attention vers les publics en difficultés dans notre société et avec le numérique. Et, cette crise a révélé de nouvelles sources de fractures par la distanciation en matière d’éducation, de façon de travailler, de faire du commerce en ligne, de s’organiser à son domicile, ….etc.  Les actions des membres du LabFab doivent donc continuer différemment face à la demande, et s’adapter. Il faut continuer cette dynamique créative en initiant des projets pour diffuser les cultures du numérique par la pratique.

L’autre conséquence à moyen terme de cette période de distanciation perçue par les membres du LabFab concerne la dynamique créative. En effet, les ateliers, échanges en présentiels entre les membres du LabFab et leurs publics, stimulent la créativité et l’arrivée de nouvelles idées. Ces découvertes sont par exemple provoquées par le LabFab lors d’événement comme les ReMix. On ne peut pas continuer à temporiser. Il faut recommencer à lancer des initiatives accueillant une diversité de publics et produisant des idées et des projets sur des enjeux liés au territoire (mobilité, habitat, énergie) dans le cadre imposé par les règles sanitaires. Il faut donc innover dans nos animations. Le maintien de DataMix en 2020 en est un bel exemple qui ouvre de nouvelles perspectives. Il faut maintenant prolonger les projets en allant provoquer des coopérations avec des acteurs du territoire.

Un long travail en attention des initiatives sur le territoire, en accompagnant, en les connectant entre-elles permet d’activer un mode de fonctionnement collaboratif. En mars dernier, le LabFab a su porter cette organisation collaborative en lien avec les acteurs économiques.

On peut constater avec optimisme que cette culture du numérique par la pratique et le prototypage pour avancer dans les projets par itération, commence à se répandre. Le développement des Laboratoires de territoire en est un bel exemple: Ti Lab, Ti Postel, … et avec l’apprentissage de designers de services publics qui vont infuser cette culture dans nos institutions. Les événements de type hackathons ou ReMix (Opéramorphose, Hackathon de la mer, DataMix, …) en sont d’autres exemples alternatifs au déterminisme qui pilote encore trop exclusivement les projets publics. En ce sens, le LabFab et ses membres sont une ressource sur laquelle notre territoire peut s’appuyer pour une diffusion d’une culture numérique inclusive.

L’animation apportée par Rennes Métropole permet de dépasser l’échelle du FabLab et de passer au projet de territoire par les mises en communs entre les acteurs, par une mise en capacité des citoyens, en trouvant l’équilibre entre les 3 piliers que sont le social (associatif, inclusion, …), l’économie (acteurs économiques, transformation de modèles, lancement d’activités, ESS, …), et le volet environnement (matière, énergie, surcyclage, résilience, pratiques collaboratives …).

L’échelle territoriale permet par ces liens générés entre des acteurs hétérogènes de pousser à positionner les projets entre l’innovation et l’inclusion, et d’autre part entre la proximité (local) et le global.

Pour cela, les pistes tracées par le LabFab demandent à continuer à se structurer durant le mandat à venir:

  • Éducation par la pratique : ateliers et programme pédagogique sur le numérique (data, objets connectés, design de services, robots, …), lieux dédiés (EduLabs, ouverture prévue en 2021), certification de compétences (badges), MooCs, chaine de vidéos, …etc.
  • Créativité, prototypage: ReMix sur des thématiques à définir sur Rennes Métropole et avec des partenaires, concrétiser les idées par des prototypes et les tester sur le territoire, accompagnement de certains projets à la sortie des ReMix vers un développement économique,
  • Guider la conception et réalisation de nouveaux LabFabs: Des projets sont en cours de conception, comme par exemple, celui-ci d’un tiers-lieux alimentaire. L’alimentation résiliente sur un territoire est un sujet porté par de nombreux FabLabs à travers le monde avec chacun leurs spécificités locales. D’autres thématiques ciblées: économie circulaire, énergie, …
  • Continuer à mailler les FabLabs: réseaux de tiers-lieux à différentes échelles (Bretagne, Rennes Métropole, …), partage de pratiques, outils communs, lien aux politiques publiques: insertion, emploi, environnement, …
  • Grand public et diffusion: Poursuivre les travaux sur des thématiques comme la sobriété numérique (pédagogie, expérimentations, …), nouer de nouveaux partenariats avec des acteurs touchant un large public.
  • Projet de territoire (FabCity) : Soutenir et étendre le maillage des LabFabs et lieux de création/expérimentation/éducation numérique sur l’ensemble du territoire métropolitain.