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LabFabs et Blockchain : quelles complémentarités ?

À l’heure où le bitcoin atteint de nouveaux records de valeur, et à la veille de la Digital Tech Conference, il peut être intéressant d’envisager le lien des blockchain et des LabFabs, et surtout, les synergies entre ces deux thématiques.

La Digital Tech Conference, le 7 et 8 décembre à Rennes.

 

La technologie blockchain, apparue en 2008 avec le Bitcoin, permet de décentraliser des actes jusqu’alors contrôlés par un tiers de confiance et les enregistrer dans une base de données : d’abord la monnaie (de son émission, par le minage, jusqu’à sa circulation, sans intervention d’États ou de Banques Centrales), son développement permet aujourd’hui de produire de nouveaux usages et services dans les domaines de l’énergie, des mobilités, de l’agriculture, des assurances ou encore du service à la personne.

Qu’est-ce que la technologie Blockchain ?

Cette technologie, que l’on peut littéralement traduire par “chaîne de blocs”, est constituée d’un registre, (ou ), partagé et hébergé sur un réseau global constitué d’un ensemble de nœuds pairs à pairs. Cette technologie repose donc sur une une architecture totalement décentralisée.

Ce recueil de l’ensemble des transactions est écrit de manière régulière, par des blocs, qui viennent s’ajouter à compléter la chaîne initiale de blocs.

Surtout, de par sa nature décentralisée et partagée, la blockchain présente l’avantage d’être immuable : il devient impossible de modifier les inscriptions dans la blockchain une fois le bloc créé et intégré dans la chaîne.

Les usages de la blockchain

Nous nous situons quasiment à l’année zéro de la blockchain. L’usage, aujourd’hui, principalement répandu, et très souvent exprimé dans les médias, reste monétaire. Le bitcoin représente aujourd’hui une réserve monétaire de plus en plus utilisé. Cette monnaie est d’ailleurs souvent comparée à l’Or.

Le Bitcoin :

Mère de toutes les cryptomonnaies, elle est apparue au travers d’un livre blanc publié le 31 octobre 2008 par Satoshi Nakamoto. Son usage est uniquement monétaire, et vise à instaurer une monnaie électronique sans tiers de confiance, que ce soit en ligne ou dans les commerces classiques. Cette monnaie s’affranchit totalement des organes économiques et Étatiques établis : les États et les Banques Centrales sont totalement désintermédiés.

Différents biens de consommation peuvent aujourd’hui être achetés en Bitcoin, comme des ordinateurs (directement sur le site du constructeur Dell par exemple), des prestations d’hébergement web (chez Gandi.net par exemple). Le Bitcoin peut même être utilisé chez certains coiffeurs ou certains restaurants.

Les “nouvelles” blockchains :

Certaines blockchains souhaitent, depuis quelques mois, dépasser cet usage stricto monétaire proposé par le Bitcoin. L’objectif de ces projets de “blockchain plateforme” est de constituer un ordinateur global et distribué, en proposant une plateforme pour l’hébergement et l’exécution d’applications automatisées.

Ces chaînes de développements permettent ainsi, en utilisant la blockchain de développer des applications liées aux smartgrids et à la smartcity, au covoiturage ou au partage de véhicule, à l’assurance, aux échanges de services, … L’hébergement du code informatique de l’application, de manière décentralisée dans la blockchain, assure ainsi l’horodatage des versions de développement du code et des prestations réalisées au travers de l’application, et surtout, consolide la sécurité dans son hébergement. Ainsi, la qualité de service d’une application est garantie par le caractère distribué de la blockchain – si un nœud tombe, l’application peut toujours continuer à fonctionner.

C’est par exemple le cas de l’Ethereum, créée en 2015 par Vitalik Buterin, qui permet de propulser des services, automatiser le financement de projets (par la mise en place d’un fond de financement participatif, une DAO – l’Organisation Autonome Décentralisée, ou une ICO – levée de fonds en cryptomonnaies), à l’automatisation et le fonctionnement des applications (appelé dApp, pour “decentralized app”) par l’hébergement du code de fonctionnement des applications, appelés “smart contracts”.

D’autres blockchain sont aussi en développement, comme les blockchains “NEO”, “Lisk” “EOS”, (…), et permettent de proposer des services automatisés, aussi régis par des smart contracts, utilisant différents langages de programmations.

L’usage de la blockchain et les LabFabs ?

Les blockchains sont d’abord des outils, avec de réels avantages pour le développement de projets au sein des communautés FabLabs, au même titre que les réseaux bas débits LPWAN (LoRa, Sigfox, …).

Les plateformes, comme “Golem”, “SIA”, “IPFS” ou encore “Storj” permettent le développement, l’utilisation de puissance de calcul et l’hébergement d’applications dans des clouds distribués, en lieu et place des traditionnels hébergeurs comme Amazon ou Google.

Devant le potentiel de ces outils, l’enjeu aujourd’hui pour les LabFabs est de vulgariser et de proposer “à faire”, afin de permettre son appréhension auprès des publics et des communautés de makers, et ainsi, de favoriser l’hybridation de différents outils au sein de projets.

Les blockchains de certifications :

Des outils ont aujourd’hui été mis en place afin d’enregistrer et d’authentifier un diplôme, un contrat ou un document, grâce à la blockchain et à son immutabilité. Des plateformes comme Bitproof ou Woleet permettent aujourd’hui, moyennant parfois quelques fractions de Bitcoins, d’enregistrer un document directement dans la blockchain, l’horodater, et le certifier.

Afin de valoriser les compétences acquises dans les LabFabs, une inscription dans la blockchain des compétences des usagers permettra de faciliter leur parcours, et une meilleure valorisation des savoirs et compétences acquises dans la fréquentation des LabFabs.

Des outils pour les FabCities :

Ces outils permettront aussi de développer de nouveaux projets répondant aux préoccupations et enjeux actuels, dans le but d’effectuer la transition de la ville vers la FabCity.

 

 

Ainsi, parmi les projets propulsés par les blockchains, et développés au sein des communautés fablabs, on retrouve des projets autour de l’énergie, comme DAISEE, basé sur Ethereum, dont le but est de créer un “internet de l’énergie”, à l’image de l’”internet des objets”. Projet issu de la Myne à Lyon, l’objectif de la plateforme DAISEE est de permettre aux citoyens de vendre ou d’acheter leur énergie auprès de foyers de productions et de consommations environnantes, directement de pair à pair, et constituer ainsi des réseaux locaux de type “nanogrids”.

D’autres projets sont en cours de développement autour de l’énergie, afin de constituer des blockchains proposant des marchés décentralisés d’énergie renouvelable. C’est par exemple le cas de Transactive Grid à Brooklyn, ou Suncontract.