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#octobermake 2019

Du 17 au 20 octobre 2019, le Réseau Français des fablabs, dont est membre le Labfab, organisait sa rencontre annuelle à Nancy, à la Piscine, le local des Petits Débrouillards du grand-est.

#octobermake – 2019

En 2015, 15 fablabs environ s’étaient réunis pour donner naissance à l’association loi 1901 Réseau Français des Fablabs, aka RFFLabs, articulée autour de trois mots clés : apprendre, faire, partager. En 2019, ce sont 147 lieux de fabrication numériques en France, représentés par plus de 70 personnes morales, qui font de ce réseau de fablabs l’un des plus importants au monde dans les pays où les ateliers de fabrication numériques sont représentés.

2018 a été une année hors norme, avec l’accueil en France de FAB 14, autour du premier fablab créé en France à Toulouse, Artilect, mais aussi avec l’organisation pour la première fois du FAB14 distribué dans les régions de France. Une réussite organisée par Alexandre Rousselet (programme Vulca, L’atallier), et les pionniers qui en région ont donné naissance à de grands réseaux comme aujourd’hui Tiers-lieu Edu, né de l’étape “Education” de Bataville. La Bretagne était alors la seule région en France a accueillir deux thématiques (Ecologie et Solidarité-handicap), à la Fabrique du Loch (Auray), grâce notamment à Thibault Jeannin (Konk ar Lab), au LabFab et à My Human Kit qui ont organisé le stand et la première table ronde mondiale autour du handicap dans FAB14.

Les bretons sont donc bien identifiés au niveau national et international 🙂 Nous nous sommes déplacés vers Nancy, co-voiturant et nous relayant au volant pendant huit heures trente environ pour rejoindre Octobermake le jeudi 17 au soir. Etaient représentés pour la Bretagne, Le labfab (Hugobiwan, administrateur), la Fabrique du Loch (Juju et Caroline les fabmanagers), administrateur de RFFlabs, et le futur fablab de Lorient avec Léo, du projet Lab Rev.

Les co-voitureurs bretons

La première journée a largement été dédiée à la session AGIR PAR LES COMMUNS, croisant fablabs et acteurs publics, avec comme scribes la Myne et Nicolas Loubet. La suite s’est enchainée à vitesse grand V, croisant sessions des groupes de travail, Assemblée Générale, Renouvellement à un tiers du Conseil d’Administration, élection du bureau, partage de projets, et questions au Conseil d’administration le dimanche matin.

Photo de groupe des participants #octobermake2019

Les faits saillants

Il y avait du monde.
Le nombre de fablabs en France a en effet été multiplié par 10 en moins de 5 ans. Le Conseil scientifique du réseau a réalisé une enquête nationale et un livre blanc en 2019 afin de faire une sorte d’autoportrait assez poussé en terme de définition. Des réseaux thématiques ont inventé des modèles croisant fabrication numérique et recherche ouverte, éducation, ou santé. Le réseau est dans un tournant lié à sa croissance où il a besoin de se professionnaliser et d’augmenter ses moyens d’action, de développer des services à la communauté, et de se ré-organiser. Le vote en ligne a été acté, pour permettre la tenue d’Assemblée Générales à distance. L’objectif de recruter 2.5 équivalents temps plein est en ligne de mire, avec l’obligation de s’en donner les moyens en restant fidèles à notre éthique.

Au travers les innombrables découvertes de projets et belles rencontres, plusieurs tendances fortes :

  • L’éducation et les projets éducatifs, au travers les partenariats et formats expérimentaux en lien avec des établissements scolaires et d’enseignement. D’ailleurs un temps fort est prévu à Rennes en novembre.
  • L’environnement et les transitions, notamment au travers une multitude de projets, notamment en milieu rural et avec les pouvoirs publics (mais pas que…).
  • L’insertion et la formation, par l’invention de formats permettant d’apprivoiser des publics en reconversion pour les amener à (se) révéler leurs compétences et apprendre à faire des projets, notamment avec des organismes dépendant du ministère du travail (100% inclusion…)
  • Les diversités et le handicap (trois nouveaux membres dont le projet de fablab de l’AFM Téléthon), et une feuille de route nationale appelée à devenir francophone.
  • Les communs comme socle humaniste, base de travail, et livrables
  • Les “FabRégions”, comme l’Occitanie ou Auvergne Rhône-Alpes. Elles distribuent des fonds européens à leurs réseaux de fablabs fédérés et co-construisent des actions de politique publique. Et sont contentes des résultats (3.3 M€ en direction des fablabs du côté de l’Occitanie en 2018. Bretons, sortez vos mouchoirs 🙂
  • Les FabCities, dont Rennes et le Labfab font partie, et avec de gros projets en France sur le Grand Paris. Mais peu actif dans les prises de parole de cette édition.
  • La dimension internationale, intrinsèque à l’histoire du réseau, et qui nécessite que le RFFlabs puisse représenter les acteurs à l’échelon européen, francophone et mondial. Et articuler les programmes.
  • Les outils mutualisables permettant de monter en professionnalisme et d’hybrider un atelier de fabrication avec son environnement social et professionnel, notamment les open-badges (avec des leaders comme Le Dôme), le livret de prévention des risques faisant l’objet d’un partenariat national avec la MAIF, etc.

Mais bien-sûr, les fablabs c’est aussi du fun. Comme la machine à boire de Technistub (Mulhouse)). Et de la fraternité, du partage.

A l’issue de cet Octobermake, Kevin Maz (Ex Albilab, et un des fondateurs du réseau) et Matthieu Dupont de Dinechin (Chantier libre) ont été élus au bureau du Réseau Français des Fablabs comme trésorier et secrétaire, Simon Laurent et Hugues Aubin étant réélus aux postes de Président et vice-président.

En ligne de mire pour 2020, une stratégie de financement, la suite de la feuille de route Initiative Accessibilité des fablabs, la refonte des outils du réseau, #Makeafrica 2019, le livret de prévention des risques en lieux de fabrication numérique, FAB16 Montréal, les échanges avec l’état autour des Tiers-Lieux via le CNTL, la mobilité européenne (Vulca), et le travail avec les magnifiques branches thématiques pour structurer et élargir thématiquement (Tiers-lieu Edu, Vulca, Open Space Makers par exemple).

Les conclusions de cette édition portent également sur un avertissement concernant les marchands de conseil qui surfent sur l’Appel à Manifestation d’Intérêt sur les tiers-lieux sans aucune connaissance des contextes décisifs pour la réussite d’un projet de fablab, et sur la mise en place de référents dans toutes les régions afin de faire profiter le plus grand nombre de l’expérience des FabRégions, voire de la dupliquer.

Il y a donc fort à parier que des années après les temps héroïques du #bzhlab, la question de la représentation des fablabs/tiers-lieux bretons et leurs échanges avec la région Bretagne dans des cadres de travail nationaux ne redevienne d’actualité dans les semaines qui viennent. Avis à ceux ou celles qui voudraient constituer une association régionale !

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